• Photodrame 02


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  • Photodrame 01


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  • Voyance

     

    Ce matin votre ciel astral est très favorable à votre épanouissement. Figurez-vous que la chance joue enfin en votre faveur. Il ne faut surtout pas rater le tournant ! L’avenir, c'est maintenant qu’il se joue ! 

    Le Tarot révèle en effet une réelle progression de votre situation : les cartes de l'amour et de la réussite ne laissent aucun doute : des portes vont s’ouvrir !

    Regardez-vous ! Vous voyez bien que ces temps-ci votre vie n'est pas très palpitante, vous avez du mal à vous lever, vous n'avez pas le moral et votre caractère enjoué a disparu...

    Ne restez pas dans le doute ! Tout cela est bientôt fini pour vous ! Le changement est à l’ordre du jour et vous allez être impressionné par ce revirement des éléments.

    Bien sûr, cela n’ira pas sans difficulté. Votre conscience va s’éveiller, accéder à de nouveaux espaces, s’ouvrir à la diversité, c’est pourquoi vous devez être préparé. Et soyez-en sûr, nous sommes là pour vous accompagner dans cette transition…


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  • Cœur de pierre

    Il a sa tête des mauvais jours. L’œil grisé et la peau gangrénée comme à chaque fois qu’il perd la face sous les coups des barbouilleurs de pierres. Ils ne savent rien de ce qu’il a pu ressentir ou penser par le passé. Ils se moquent éperdument de sa détresse et des larmes qui enflamment son visage. Cette nuit encore, ils sont venus le triturer sans aucun ménagement. Infiltrés au plus profond de ses cavités, ils ont craché leur gel azuré jusqu’à fendre son émail millénaire.

    Parfois il aimerait faire bonne figure, retrouver un peu de son éclat d’antan. Il sait qu’une telle espérance est vaine. Les dégradations s’amplifient chaque jour. Bientôt, il ne sera plus que l’ombre de lui-même. Un fantôme imparfait.

     


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  • Station services

    La nuit venue, elle va d’un camion à l’autre. Frappe à la cabine. Celui-là fait signe d’entrer. Elle ne dit pas bonjour. Ne regarde pas l’homme dénudé. Elle se défait et s’allonge à son côté. Celui-là ne dit rien. Ne bouge pas. Elle se met contre sa peau. Tend la main. Effleure une bourse. Ecoute le bruit que fait le sang. Elle compte les battements. Le cœur est éreinté. Brassés par la bière et les rêves anciens. Le corps oublie de s’exalter. Les yeux se vident. Reste la lumière jaune de la nuit. Et une fleur remisée dans un dépôt de ferraille.

     


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  • Auprès de mon arbre

     

    Ils apparaissent de temps à autre. À l’automne, il n’est pas rare d’en surprendre dans des branchages d’arbres effeuillés. Ils ont l’air de vieux sages et ne montent aucun signe d’exaspération devant les chasseurs d’images.

    Peut-être sont-ils à l’écoute d’une lointaine mélodie qui aurait résisté à tous les vents mauvais ? Peut-être se bercent-ils du souvenir des jours anciens où l’on passait plus de temps à rêver qu’à chercher à se nourrir ou à se protéger ? Peut-être sont-ils simplement libres de toute superstition ?

    Ou tout bonnement des veilleurs de nuit...


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  • Tergiversations

    C’est en remontant la rue au couchant qu’il la croise. À l’heure où les magasins dressent leurs rideaux de fer et où les passants pressent le pas. Depuis la montée des sables, la nuit se fait plus vorace, le noir plus épais. Partout, les ombres se tendent à la recherche d’un ultime appui. Les bruits eux-mêmes commencent à lâcher prise.

    Il regarde sa montre en hochant la tête. Encore quelques poignées de secondes perdues. Du temps est passé, escamoté sans aucun soubresaut. Il résiste à l’envie de traverser la rue pour prévenir la belle de cet écart. Le risque est palpable. Le sol a perdu de sa puissance et il entend crisser ses arêtes métalliques à fleur de bitume. Ses mains sont moites. L’incertitude lui fait peur. Il s’était pourtant promis de faire le premier pas. Il a trop attendu. Hier à cette heure-là, il y avait encore un passage. Il pense trop à ce qui était possible avant. Il a l’impression que son esprit fonctionne à reculons. Heureusement, elle semble avoir perçu le décalage et se hâte plus qu’à l’habitude. Peut-être est-elle un peu plus pâle. Un peu plus légère et transparente aussi. Sa robe est bordée d’un blanc instable. Il se dit que l’hiver est en avance. Elle devrait faire plus attention. Le bruit court que la ville va s’enliser. On dit aussi que du vent est annoncé et que la lune brillerait encore derrière le ciel.

    Il lève les yeux vers la masse sombre. Il ne saurait dire de quoi il retourne.

    Il pense un instant à une improbable lumière puis s’assoupit sans plus faire attention à rien.

    Demain, il verra bien.


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  • Cercle-noir.jpg

     

    Le jour arrive à son terme et la terre gronde. Fécondés à l’embouchure du fleuve, les germes du banian jaillissent des profondeurs, se multiplient et se déploient sans peine dans le labyrinthe des pierres. L’homme regarde et ne dit rien, n’esquisse pas un geste de défense. Il est ébranlé par tant vigueur et ses yeux, ses beaux yeux de maître se cerclent de noir devant la prolifération. Il entend les coups, les éclatements, les débordements et assiste impuissant à l’avancée sans fin. Il devine que ses jours sont comptés. Sa peau est déjà couverte d’effrayantes meurtrissures. Bientôt, il ne sera plus qu’un pauvre homme ignorant, sa fierté aura disparu, et ses remparts ne suffiront plus à le protéger. Quand le fleuve sera là, tout proche, prêt à le surpasser, il lui faudra partir, laisser la place. Les mailletons finiront alors de s’engouffrer dans l’épaisseur même de ses murs et de toute cette beauté du monde qu’il avait si patiemment modelée, il ne restera plus demain que la rumeur d’une ancestrale existence.

     

     


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  • Melodie-mekong.jpg

     

     

    L’eau fait partie d’elle. Paisible jardin où les heures s’étirent sans bruire. Elle ne saurait aller ailleurs pour disperser ses larmes et attendre le soir. Quand des lueurs rousses apparaissent, c’est de la terre que lui parviennent les parfums d’une douceur étourdissante. Son homme a trouvé refuge à quelques pas de la berge parmi les bambous sacrés dressés vers le ciel. Il est enfoui nu, à même la terre et ne pleure plus l’absence. Pourtant quand elle l’appelle et qu’elle dit se souvenir avec ravissement de ses baisers, elle entend bien qu’il pleure aussi un petit peu. De son corps meurtri sort alors un liquide chaud et odorant. Bienheureuse douleur coulant paisiblement, presque goutte à goutte, jusqu’au fleuve où veillent les esprits.

     

     


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  • Train-de-nuit2.jpg

     

    Il faisait nuit quand ils sont venus nous chercher. Nous avons quitté le camp sans prendre nos affaires. Un train nous attendait. Des femmes et des hommes nous ont vus passer et se sont tus. Des chiens ont aboyé. Nous nous sommes serrés près des fenêtres et aucun d’entre nous n’a dormi. La campagne était noire et la terre ravagée jusqu’aux confins. Un peu partout, des cloches sonnaient et l’on pouvait apercevoir des corps tanguer au milieu des ruines. Quand le train nous a sorti de l’obscurité, la poussière du monde a commencé à nous envelopper. Au soleil de midi, nous n’étions plus que des ombres silencieuses.

      


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