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    Merci à toutes celles et ceux qui ont animé le café durant ces 100 jours, merci aux auteurs commentateurs et aux visiteurs commentateurs ou non , merci à Lza pour sa participation active chaque matin, merci à Pilgrim - Lastrega - Blanc Chantal - Le Belge- Emma Bovary - Rêveur - Benjamin - Nanou - Claude Masson - Lévitte - Jay - Elodie - Perrette - Bourbier - Ryko - Swiss - Revol - Dominique Guérin - Annie - Victorin - Artotal - Gene - Liliane - Marlène - Maxime Carignan - Adrien D. - Bernard H. - Dominique Hasselmann - Barbara - Huberts - Charier - Mangin - JLM - Chloé...

     

     


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    6 mai 2012  -  23h

     


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    La campagne électorale pour le second tour a pris fin vendredi à minuit, «passée cette date, tout acte de propagande à visée électorale est interdit sur l’ensemble du territoire de la République».

     

     

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    Le sang, c'est la vérité. Il ne dit pas de mensonges quand il sort et ne revient pas en arrière. C'est ainsi que doivent être aussi les paroles, une fois dites, tu ne peux pas les retirer.

     

    Erri De Luca - Le jour avant le bonheur

     


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    BLEU

    Patrick Denys

     

     

    Une étoile bleue était née et depuis, la lumière avait changé dans le ciel et sur les murs de la ville. On disait que cette étoile se rapprochait dangereusement et c’était grande peur. D’un grand froid soudain ou d’un embrasement.

    En des temps plus anciens, le bleu avait bonne réputation : splendeur de la terre vue de là-haut, pureté du ciel après la pluie, bleu « majorel », bleu des yeux… On disait que le bleu faisait miracle sur la peau, on racontait son pouvoir sur les humeurs, on prétendait encore qu’il délivrait de la dépression et éveillait de la torpeur. Mais, des gens plus instruits disaient aussi que le bleu était la lumière des ondes courtes.

    Et  voilà que l’étoile s’est encore rapprochée ; son rayonnement a filtré jusqu’à l’image de nos écrans. A n’y voir plus que du bleu, dans la confusion des formes et du fond. Monstrueux amalgame des pixels, feu d’artifice de la médiamétrie, la confusion terrifiante de toutes les composantes du spectre, le rouge sang des massacres anciens, petits « détails » de l’Histoire, fondu au bleu des matins de naufrage de boat people, grand zapping de l’information, de l’encombrement des péages à la boustifaille des chefs de cuisine… Passé au bleu, le sens des mots : assistés ou démunis, troubles mentaux ou délinquance, intégration ou expulsion, préférence nationale ou fraternité, qu’importe le sens de toutes ces choses. Plus de visage, plus de sujet dans la phrase, seulement des compléments, des compléments d’objet. Et qu’importe la ponctuation nuancée de la couleur des choses. Le grand bleu, c’est l’univers des ondes courtes, de la courte vue.

    J’ai dû faire un mauvais cauchemar. Je me suis réveillé avec une peur bleue. Le bleu « marine ».

     


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    Si le clown était le maître du monde

    Serge Monseillier, compagnon d'Emmaüs

     

     

     

    Si le clown était le maître du monde

    Son habit de lumière éclairerait la terre.

    Si le clown était le maître du monde

    Son nez rouge serait le phare de l’espoir.

     

    Si le clown était le maître du monde

    Ses yeux scintilleraient des feux de l’amour.

    Si le clown était le maître du monde

    Ses grands godillots écraseraient les tyrans.

     

    Si le clown était le maître du monde

    Ses mains briseraient les chaînes de l’opprimé.

    Si le clown était le maître du monde

    Son maquillage éclairerait l’univers.

     

    Si le clown était le maître du monde

    Même les muets chanteraient de joie.

    Si le clown était le maître du monde

    Même les sourds entendraient sa musique.

    Si le clown était le maître du monde

    Toute la terre danserait d’allégresse…

     

    Mais cela ne peut être qu’un rêve

    Car ce monde est bien trop malade

    Pour qu’on respecte une trêve,

    Qu’on laisse un clown diriger la parade

    Qu’on laisse un clown diriger la terre

    Un clown semant la joie et la lumière…

     

    Alors, MUSIQUE !

     

     

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    Du faux travail au vrai chômage

    Corinne Jeanson

     

     

    - Qu'est-ce que vous faites ?

    - On trie les dossiers. C'est le boss qui l'a demandé.

    - C'est quoi ce tas ?

    - Intermittents, intérimaires et Cdd à temps partiel. Direct poubelle, intraitables.

    - Et ce dossier vide ?

    - Musicien. Auteur. Artiste. Journaliste. On a déjà jeté.

    - On en fait quoi de celui-là ?

    - Raoni. Chasseur-cueillir. Nationalité : Brésilien. Il vient d'Amazonie.

    - Il est arrivé en pirogue ? Et il fait quoi en France ? Il a des papiers en règle ?

    - Refuge politique. Inattaquable.

    - Avec sa peinture rouge sur la figure ? Et puis chasseur-cueillir, c'est quoi ce travail ? Et là c'est quoi ?

    - Des profs et des infirmières. Dans le dernier projet de loi, ils vont réduire le nombre de fonctionnaires. Ils partent déjà pour le privé.

    - Les ex-fonctionnaires vous oubliez. Et là ?

    - Secteur associatif subventionné. Poubelle.

    - Il reste quoi ?

    - On a éliminé les plus de cinquante ans, les moins de vingt-cinq sans expérience significative.

    - Significative ?

    - Tous ceux qui prétendent avoir fait des stages.

    - Il reste quoi ?

    - Ces trois dossiers : fin de CDD à temps plein, CDI licenciés pour raison économique ou pour faute, .

    - Faute ?

    - Uniquement les fautes graves. Les autres, on a peur que ce soit un arrangement pour toucher le chômage. En résumé, sur nos 1 800 dossiers, on en a gardé 200.

    - Ben, ça va nous donner moins de travail.

    - Chef, on a terminé le tri. 200 dossiers à traiter.

      C'est-à-dire ?

    - On a éliminé tous les faux travailleurs, on a gardé ceux qui avaient déjà eu un vrai travail.

    - Comment ça ? Vous n'avez pas compris les instructions. C'est pourtant clair, on doit trouver un vrai travail aux chômeurs. Vous pouvez recommencer à zéro.

     


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    1er Mai

     

    Le 1er mai 1886, aux États-Unis, une très forte pression des syndicats sur le patronat et le gouvernement permet à environ 200.000 travailleurs d'obtenir la journée de huit heures.

    En souvenir de ce succès, les syndicats européens, quelques années plus tard, instituent une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs»

     

    Rendez-vous après 15h pour un retour de la rue

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    Madame X

    Annick Demouzon

     

     

    Madame X s'est arrêtée avant l'entrée. Elle lorgne d'un air dubitatif les panneaux où s'affichent, côte à côte, les portraits des combattants. Tous avenants, ou cherchant à le paraître. Elle, elle aimerait pas poser comme ça, avec l'objectif si près du nez, elle a horreur qu'on la prenne en photo. Mais bon, ça risque pas de lui arriver, c'est déjà ça. Elle ne lit pas ce qui est écrit sous les photos, ça sert à rien, c'est trop long et elle connaît par cœur. Mais elle s'attarde. C'est trop rigolo. Chacun a un nez rouge tout rond, collé sur son nez de Pinocchio. D'un beau rouge fluo. D'habitude, c'est les yeux en chewinggum, ou les joues lacérées, c'est moins drôle, mais là: « Bonjour les petits enfants… » Madame X rit toute seule. « C'est bête qu'on ne leur voie pas les pieds », qu'elle se dit. Et ça lui fait penser à quand elle était petite. Les élections, ça l'a toujours fait rire.

    Dommage qu'il pleuve. Un sacré temps de chien et c'est comme ça depuis combien de semaines ? Mais ça va faire perdre des points au candidat sortant, quelle se dit, et elle se bidonne : Et vlan ! Après tout, c'est sa faute à lui, si tout ne va pas comme il faudrait, c'est qui, le responsable ? Et personne lui a demandé d'être président, après tout. Il l'a cherché, non ? Bon, par ailleurs, la pluie, ça remplit les nappes et avec les puits qu'étaient à sec… Alors, à qui ça va profiter, en fait ? Elle relève son col, où donc elle a laissé son parapluie ? Va l'avoir perdu, à cause de leurs élections ! Ils pourraient les mettre un jour de beau temps. Elle a les cheveux qui gouttent mais, bon,c'est pas si grave. Alors elle traîne encore un peu, à les reluquer tous. Pour qui qu'elle va voter, finalement ? Faudrait qu'elle se décide. Elle refait le tour des nez rouges, essaie de lire sur leur visage, de deviner. Y a pas moyen : «Bah, on verra !»

     

    Elle est entrée dans la grande salle. C'est moche, ça pue le désinfectant, la solitude et le chien mouillé. Elle aimait mieux la salle des fêtes, quand elle était gamine, avec toutes ses lumières et le plancher ciré. Ici, c'est vraiment très moche. Et trop grand. Elle se sent perdue. Pourtant, elle n'est pas vraiment seule, y a même la queue. Mais personne qu'elle connaît. Sur une longue table à tréteaux, passée la porte, on a aligné les papiers. Autant de tas que d'affiches dehors. Elle en prend un de chaque, consciencieusement, sans faire d'impasse - et même deux. « Pour qui je vais voter ? » - envie de faire comme quand elle était môme : « Pique et pique et cholégramme… », n'ose pas. Elle montre ses deux cartes. Enveloppe. Elle choisit son isoloir. Et, là, ouah, bonne pioche ! La tablette est recouverte de bulletins abandonnés, un joli vrac. Elle n'en fait pas le compte, ne cherche pas à savoir pour qui ont voté les autres - faut pas exagérer -, rafle tout, fourre le tas dans son sac. Zut, elle a tout mis. Elle repêche un papier au hasard, pourquoi pas, elle se dit, et le glisse dans son enveloppe.

    Tiens, au sortir, un voisin : « Salut, Monsieur Dubois, vous allez bien ? Et votre femme ? Et les enfants ? » Ils vont tous bien, alors tant mieux, et elle aussi elle va bien, si y avait pas ce fichu temps. L'envie, soudain, de changer son papier dans l'enveloppe pour un autre, elle vérifie le nom, mais la flemme de retourner dans la tente, elle se demande même pourquoi elle vote. À chaque fois, c'est pareil, elle sait pas et elle finit par faire n'importe quoi. Si y avait pas les petits papiers…

    Enfin, la voilà devant l'urne. « Vous avez oublié de signer votre carte. » Elle signe, oui, c'est pareil que sur l'autre. «…  a voté ! » elle se marre : elle a voté, tu parles ! Elle resigne, cette fois sur le livre, elle se bidonne encore, jette une grosse plaisanterie, qui fait rire l'adjoint - c'est l'adjoint à quoi, celui-là, déjà ? Y a plus qu'à attendre ce soir.

    Maintenant, elle se sent un peu triste de s'en aller, les élections c'est pas si souvent qu'il y en a, ça met un peu de gaîté dans la vie, du changement dans la routine. Heureusement, on revient dans quinze jours, ce sera pas long à attendre. « Au revoir, m'sieurs dames ».

     

    Une fois dans la rue, madame X sort ses bulletins de son sac, les classe par catégories, fait le compte de chaque tas, additionne le tout et fait ses pronostics personnels. Des fois, ça marche. À 18h 30, elle sera de retour, pour voir si elle s'est pas trompée et c'est trop amusantde voir le dépouillement. Y en a qui racontent des trucs vraiment poilants. Elle remet ses papiers dans son sac, satisfaite de sa pêche du jour. Avec tout ce qu'elle a pris, elle a des pense-bête pour un sacré bout de temps, surtout en les coupant en deux, sans compter ceux de la prochaine fois. Pourquoi elle irait s'acheter des pense-bêtes si y a les élections pour ça ?

     


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    100 choses à faire ou à défaire pendant une campagne électorale

    Mes résolutions et autres fantaisies du dimanche

    par Franck Garot

     

    92.    regretter la hauteur de ces deux tours

    93.    constater qu’un programme électoral est aussi pénible à lire que le menu du restaurant chinois où nous avons nos habitudes

    94.    rappeler à toutes fins utiles que les mots « candidat » et « candide » n’ont pas la même étymologie

    95.   se demander comment Joachim Séné s’y est pris pour que tous les candidats parlent de La Crise

    96.    se dire que dans certains pays on se bat pour avoir la possibilité de voter

    97.     prier pour que la prochaine on aille voter pour le meilleur et pas pour le moins pire

    98.     préférer le camembert Gillot (moulé à la louche) au Président

    99.     aller voter

         100.  avoir honte, de tout ça, d'eux, de soi

     


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