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    Mes vertes années
    Paroles de Louis Delorme
    Musique et interprétation : Serge Bastille

    Pour le " bal des 500 ",  plus d'une quinzaine de personnes ont apporté leur amour des mots et des arts, sous forme de poèmes, nouvelles, textes courts et même chansons et peintures. Qu’elles en soient toutes félicitées pour leur indéniable talent. En effet, ce fut pour moi un plaisir et un honneur de présenter leurs œuvres qu’elles ont bien voulu me confier l’espace d’un instant.A leur tour, donc, Johanne Hauber-Bieth, Irène Devaux, Yvonne Oter, Sylvie Wesley, Yvette Bonnaric, Claude Romashov, Arlette Homs, Franck Garot, Danielle Hymbert Zenaïdi, Jean-Pierre Michel, Louis Delorme, Colette Rigoulot, Jacques Charlier, René Lallement, Martina Scanavinovich et Ana Surret, tous, m’ont chargée de remercier, en premier, Patrick l’Ecolier, le très sympathique barman du Café littéraire CALIPSO, qui a fait un travail remarquable de mise en page, ainsi que tous les commentateurs, des esthètes sensibles à la saveur des mots, à la musique et à la peinture, mais sachant également apprécier l’humour. Encore un grand MERCI à TOUS !

    *Les textes des poètes, accompagnés des commentaires, paraîtront dans les revues que dirigent certains poètes passés sur CALIPSO.

    Suzanne ALVAREZ

       


     

    Le caprice de la rose

    La Rose, un beau matin, ne voulut plus séduire.

    Elle décida lors de ne plus sentir bon !

    "Cela ne suffit guère, encor faut-il réduire

    L’éclat de votre mine... ou rayonne un beau ton !"

    Fit remarquer le lys en admirant la belle ;

    Lui, se trouvant si beau, prisant sa propre odeur,

    Ne pouvait pas comprendre, à la fin, la rebelle.

    "Pourquoi cette lubie à vouloir la tiédeur ?

    Décidément, Madame, où part votre jugeote ?

    Vous aurez bien le temps d’avoir vilain aspect

    Quand vous vous fanerez, que vous serez vieillotte...

    Votre soudain tracas me semble un peu suspect !"

    "C’est qu’à trop plaire, hélas, l’on n'est jamais tranquille"

    Lui répondit la rose, "et moi, je veux la paix !"


    "Tout ce bruit fait pour moi me déplaît, m’horripile.

    Aujourd'hui je dénonce un chagrin vil, épais,

    D’être toujours la reine, ici-bas, que l'on coupe

    Car je parle d’amour, parfois de passion,

    Lorsque je me retrouve en vase, en pot, en coupe !

    À moi, vient-on parler rempli d’émotion ?"

    Le lys, compréhensif, plaignit la demoiselle ;

    Lui qui, pour secourir, était toujours dispos,

    La regarda de face et, se penchant vers elle,

    D’une voix de stentor, lui lança ces propos :

    "Vous devriez savoir pourtant que cœur de femme

    Pour réjouir un homme a besoin d’être ému !

    Si l’homme use de vous pour déclarer sa flamme

    C’est que tout votre éclat, par le monde, est connu !"

    Épilogue

    C’est ainsi que la fleur, de toutes, merveilleuse,

    Flattée à l’évidence oublia son chagrin :

    Son rôle était de plaire en fragrance enjôleuse ?

    Son parfum, sur-le-champ, s’exhala souverain !

    Johanne Hauber-Bieth

    Extrait du recueil " En Cueillant le Jour "

     

     

    Espace...


    Espace...ô liberté de nos premiers matins

    Ouvrant sur l'infini du rêve et du mystère,

    Tes volumes sont pleins de vides et de terre

    Se révélant parfois si proches et si lointains.

     

    Une étoile s'allume au fond des cieux éteints

    Pour éclairer, la nuit, l'Univers planétaire

    Ton ombre s'alourdit et puis...se désaltère

    A l'aube qui se lève en robe de satin.

     

    Dans ton silence vague où notre âme se grise

    Nous cherchons un écho...mais la raison s'épuise !

    Pèlerins sans boussole, explorant "tes chemins",

     

    Nous sillonnons le ciel, de nos vaisseaux sans ailes...

    Existe-t-il un monde ignoré des humains

    Où le Temps tisse encor...des heures éternelles...

    Irène Devaux

     

     

     

    Lisa.

     

    Il cueillit la première pâquerette du printemps. La plus nouvelle, la plus belle, la plus fraîche. Il surveillait sa prairie depuis des jours, voyait se développer les premières feuilles, puis pousser la fine tige fragile poussant son bourgeon innocent vers la lumière encore timide du soleil engourdi. Il guettait l’éclosion des pétales chiffonnés en attendant leur réel épanouissement. Chaque midi, il prenait un apéritif de senteurs printanières en se penchant au ras de l’herbe en renouveau et humait un bouquet d’effluves grisants portés par un léger souffle coquin.

    Il cueillit la première pâquerette du printemps dès sa floraison. Ses pétales bleus rappelaient parfaitement le bleu des yeux de Lisa et son arôme végétal, de citron vert mêlé d’une pointe de musc, semblait le parfum même de la peau de Lisa. Sa souplesse reflétait parfaitement la grâce de Lisa quand elle dansait nue dans la lumière du premier matin. Sa corolle ébouriffée était la chevelure de Lisa décoiffée par l’ardeur de son amour. Sa fraîcheur et sa beauté dénotaient les quinze ans de Lisa. Sa fragilité était celle de Lisa lorsqu’elle s’abandonnait entre ses larges mains d’homme. Les perles de rosées ayant survécu aux rayons de lumière n’étaient que le pâle reflet des larmes de Lisa lorsqu’elle était repartie à la fin des vacances. Et le vent s’élevant en une brusque bourrasque ne donnait qu’une vague idée du désespoir que son départ avait provoqué dans son cœur vierge d’homme mûr qui y avait tellement cru et se retrouvait esseulé au milieu de sa prairie désertée.

    Il froissa la première pâquerette du printemps entre ses larges mains brutales, veillant à ne laisser intacts aucun des pétales bleus, essuyant leur parfum fruité et musqué sur son pantalon de toile, frottant, frottant, frottant, pour effacer Lisa.

                   Yvonne Oter, septembre 2009




    Partir

     

    Partir un soir d’avril sans esprit de retour,

    Fuir loin des bruits épars de la ville éternelle,

    Bercé par le chant pur qu’un zéphyr troubadour,

    Arpège à fleur de ciel, de gamme en ritournelle

     

    Lorsqu’à l’ancre du cœur qui chavire, éperdu,

    Se meurent les espoirs, fragile épithalame,

    Aux confins de l’oubli sombre un bonheur perdu

    Qu’un vent d’incertitude a consumé la flamme.

     

    Partir sans contempler les moires du couchant

    Nimber l’or des coteaux d’une brume opaline,

    Chaviré de senteurs, d’effluves s’épanchant

    Sous le souffle vermeil de l’azur qui décline,

     

    Lorsqu’au bleu du regard où l’eau s’unit au feu,

    S’embrase un souvenir éveillant une alarme,

    A l’heure des regrets, ne brûle qu’un aveu,

    Au point de non-retour, ne brille qu’une larme.

    Sylvie Wesley

     



        Quand un rire d'enfant

     
        Quand un rire d'enfant éclaire un pur visage
    ,
        Quand une aube d'avril naît au chant des oiseaux,
        Quand la brise odorante argente les roseaux,
        Mon esprit refleurit comme dans son jeune âge.
     
        Quand la vague amoureuse épouse le rivage,
        Quand un chien confiant approche son museau,
        Quand la blondeur des blés se pare de gerzeaux,
        Mon être rajeunit jusqu'à l'enfantillage.
     
        Car mon âme a besoin de la simple beauté,
        De l'intime splendeur, d'un geste de bonté,
        D'un reflet de soleil sur l'eau vive et riante.
     
        Et le givre éclatant d'un amandier en fleurs,
        L'arc en ciel d'un amour, après le temps des pleurs,
        Désaltèrent mon cœur d'une onde irradiante
    .

                                    
                                  Yvette Bonnaric

     


     

    Des perles d’ambre

     

    Ils avançaient dans la nuit sans étoiles. La journée avait été étouffante et le soir n’avait guère apporté de fraîcheur. L’ombre bleue noyait la végétation qui se raréfiait à mesure qu’ils grimpaient. Elle essuya la sueur de son visage, voulut reprendre son souffle mais les rudes montagnards ne ralentissaient pas leur marche. Ils savaient exactement où mettre leurs pas, sauter sur les pierres des torrents, trouver le sentier qui évitait de longs détours. Ils avaient rempli leurs musettes au dernier village. Un village de pierres sèches et de terre battue, pratiquement désert. Ils s’éclairaient à la lampe électrique. Il fallait être discret, éviter le moindre bruit. Les parfums de la garrigue lui remontaient aux narines. Elle respira profondément les odeurs de thym, de ciste et de verveine. Toutes les plantes sauvages qui évoquaient le soleil, la terre aride et le sel de la méditerranée. C’était une fille née sur le sol aride de Provence au hasard des pérégrinations des siens.

    Ses doigts s’enroulaient autour des perles de son sautoir. Un collier qui l’accompagnait depuis l’enfance. L’ultime cadeau de sa mère. Elle qui avait traversé une partie de l’Europe pour terminer sa vie à l’hospice des Filles de la Charité, victime de la grippe espagnole. Ce collier sans grande valeur était un cadeau transmis à travers le temps, à travers le voyage qui était leur raison d’être. Il dégageait des effluves d’ambre jaune et gris. Gris comme les sécrétions de l’estomac des baleines, lui affirmait son père quand elle était gamine. Elle aimait le porter car il était à la mode de ces années là. On la complimentait sur l’effet qu’il produisait sur sa petite robe noire. Les amants y coinçaient leurs doigts gourds avant d’effleurer sa chevelure de cendre blonde et plonger leurs yeux dans son regard pervenche. Elle aimait cela comme elle aimait la frivolité de ces années d’après guerre. Le sang de ses ancêtres bohémiens courait dans ses artères et dans son âme aventureuse. Elle aimait l’odeur des ports de la musique du vent dans les mâts des bateaux. La spirale enivrante du voyage. Elle avait offert sa solitude aux hommes de passage et toujours, le collier était là, comme un animal domestique qu’on caresse machinalement, une dernière attache quand on se retrouve seule au bord d’une route semée d’embûches. C’était bon les soirs de spleen de respirer son odeur si entêtante. Une odeur qui ne la lâchait jamais. L’odeur piquante du flacon des sorcières qui était la continuité de son histoire familiale. Bribes de chants, couleurs chatoyantes des châles, beauté de sa jeunesse jetée aux quatre vents.

    Ce soir il tintinnabulait au gré de la marche. L’homme qui la précédait se retourna le regard courroucé. Discrète, il fallait marcher en silence. La discrétion et la bienséance ne lui ressemblaient guère. D’ailleurs son amoureux (celui pour qui elle courait au devant du danger) l’aimait pour cela. Elle l’avait rencontré lors d’une marche pour la paix. C’était un homme engagé, un militant. Sa faconde, son goût du risque, l’art de jeter toutes ses forces dans la bataille l’avait séduite mais aussi, sa carrure imposante, son visage énergique et dur que démentait la bonté de ses yeux. Cette excursion de nuit, dans la montagne était dangereuse. Elle l’avait acceptée pour lui, pour défendre un idéal qu’elle partageait, dont la générosité coïncidait parfaitement avec l’exaltation de son histoire d’amour.

    Elle avait caché les ondes de sa chevelure dorée sous un béret, mis des vêtements sombres, évité de parler mais, le collier non, elle ne voulait pas s’en séparer. Il était son porte-bonheur. Une part d’elle-même.

    Les larmes lui montaient aux yeux. Elle ne cèderait pas aux injonctions de l’homme. Il avait beau grogner entre ses dents que les femmes ne servent à rien et ralentissent la marche avec leur fichue coquetterie, elle ne faisait pas plus de bruit que lui avec son bâton ferré et ses godillots de montagne.

    Cela faisait des heures qu’ils luttaient pour gravir le sentier abrupt des contrebandiers. Ils étaient presque au sommet et apercevaient les lumières de la ville dans la vallée. La ville où leurs compagnons espéraient fébrilement leur venue.

    Ils étaient presque arrivés devant la cache fermée par un éboulis de pierres. Là où s’entassaient le stock d’armes. Il fallait faire vite, se charger des caisses qui contenaient fusils et pains de dynamite, pour rejoindre au refuge, près de la frontière, les combattants qui les recevraient. Ils espéraient que tout se passerait sans incident car deux semaines auparavant, une patrouille phalangiste avait démantelé une colonne de partisans, pas loin de là, sur un autre versant.

    Les caisses pesaient lourd et son collier la gênait. Elle ne l’ôterait pas. Ce soir, il lui avait encore porté chance. Et d’autres voyages l’attendaient, elle et les passeurs d’armes de la guerre d’Espagne.

    Elle en refit quelques uns, malgré la répression qui s’intensifiait. Ce soir là, elle était fiévreuse et resta allongée dans sa chambre d’hôtel. Tout était prêt. Les hommes allaient repartir bientôt, sans elle. Son amoureux hésita à quitter son chevet. Il la regarda avec inquiétude en remontant le drap sur ses épaules. Elle le rassura. Pour une fois, lui et ses compagnons se passeront de son aide. Son collier était posé sur la table de nuit. Quand elle voulut s’en saisir avant de s’endormir dans l’odeur de cire et de lavande de la petite chambre. L’air entra par la fenêtre et la fit frissonner. Le fil du collier, pourtant solide se cassa et les perles ambrées roulèrent en faisant un bruit assourdissant sur le carrelage froid. Un bruit qui masqua les tirs des fusils mitrailleurs dont l’écho se répercuta de loin en loin sur les flancs de la montagne.

    Claude Romashov

     

     

    En attendant le vent

     

    Un tout petit chemin serpente doucement,

    Sauvage, parfumé, il court négligemment

    Puis, joue à cache-cache au pied de la colline

    Au loin on aperçoit une pauvre ruine,

    D'un vieux moulin à vent.


    Un pan de mur déjà, s'est un jour écroulé,

    Les herbes ont envahi, le cers (1) a déboulé,

    Cruel et sans merci, il a brisé ses membres,

    Secoué, transpercé, en ce mois de décembre,

    Il est là, le moulin à vent.


    Le meunier certain soir l'avait abandonné

    Sans regret, sans remord, dans ce lieu vallonné.

    Il n'a plus qu'un secours, son amie la renarde,

    Qui vient rôder ici, et bien qu'un peu roublarde,

    Console le moulin à vent.


    C'est une bonne amie, car elle le comprend,

    Il arrive à rêver, il oublie le présent,

    Tous ses maux, ses malheurs, sa grande solitude,

    Le mal qu'on lui a fait, avec ingratitude.

    Il est triste le moulin à vent.


    Dans un sursaut d'orgueil, il ne peut s'empêcher,

    D'espérer que quelqu'un viendra tout défricher,

    Les ronces, les buissons, et les herbes rebelles,

    En attendant le vent qui tournera ses ailes,

    Optimiste est le moulin à vent.


                         cers : vent local qui souffle sur le bas Languedoc.

    Arlette Homs

     


     

    Radio

     

    Voiture. Autoroute. Radio en sourdine.

     

    — Il y aura qui chez ta mère ?

    — Mes deux frangins, mes oncles Pierre et Stéphane…

    — Elle sera là ta tante ?

    — Laquelle ?

    — Léa.

    — Évidemment puisque Pierre sera là ! Je te rappelle qu’ils sont mariés, ma chérie.

    — Elle va encore nous poser des questions…

    — Et alors ?

    — J’aime pas. Ça devient gênant. Elle dit qu’après huit ans de mariage, on doit avoir des enfants.

    — Laisse-la dire. On s’en fout.

    — Non, Julien, on s’en fout pas.

    — On va pas recommencer ?

    — Et pourquoi pas ?

     

    Voiture. Autoroute. Il a monté le volume de la radio.

     

    Franck Garot

     

     

      

    Soirs de confidences


     Quand je parle à ton cœur, que la vie a froissé

         En cette fin du jour où le bonheur s’effeuille

    J’aimerais que les mots au soyeux de ma feuille

          Brodent l’or de tes yeux de rêves enlacés .

     

    Quand je parle à ton cœur, aux soirs de confidences

          Où dansent les reflets que filtre l’abat-jour

           Renaît dans ton regard où s’éveille l’amour

                Une aube de lumière en sa magnificence.

     

    Quand je parle à ton cœur, qu’un doute effleure encor

             Ecoute les échos, au chant de mes -je t’aime- .

                 Dans le lit de la nuit où éclot mon poème

            Chaque vers est musique au clavier de ton corps .

                                 Jean-Pierre Michel

     

     






    Incertitudes


    J'aime entendre le coq dans mon demi-sommeil

    Il me dit que le jour est à moins de deux heures ;

    Et mes craintes s'en vont, seule ma joie demeure :

    De pouvoir contempler le monde à son réveil.

     

    Oh, le chant des oiseaux dans un champ de soleil!

    Sur le moindre rameau, c'est la rosée qui pleure ;

    Quand le premier rayon touche notre demeure,

    C'est un enchantement à nul autre pareil !

     

    Le bouleau, dans la brise, a des bras qui s'étirent ;

    Au moindre souffle d'air, ses feuilles qui respirent

    Laissent voir un instant leur revers argenté ;

     

    Bientôt, c'est le jardin tout entier qui s'enflamme,

    Dont chaque goutte d'eau se met à miroiter

    Et j'ai le sentiment de voir flotter mon âme.


    Louis Delorme
    (autoportrait orange)

     

     


         

    Dernière rose 


    En sa robe de feu, cette dernière rose

    Perdue en fin d'été, d'effluves distillés

    Son parfum capiteux, lançait pour nous charmer

    Afin de nous séduire, en une apothéose.

     

    Corolle pourpre offerte aux ultimes rayons

    D'un astre à son déclin, elle craint qu'il n'exhale

    Une brise glacée, enfin, farce finale

    N'emporte sa beauté, la vêtant de haillons.

     

    En effeuillant au vent, sa tenue veloutée,

    Avant que cet hiver, la réduise à quia

    Quelques pleurs de rosée, y jetaient leur éclat

    Perles de diamant, sur sa face moirée.

    Colette Rigoulot

     

     

     

    La vespasienne

    Sous les ombrages frais des arbres verdoyants,

    On entendait jadis, se mêlant à la rue,

    Le murmure de l’eau puis les airs clapotants

    De la vespasienne aujourd’hui disparue.


    Car sans compassion, malgré mon désaveu,

    Des tâcherons armés de folie novatrice

    L’ont lâchement détruite et provoqué l’adieu

    De ce qui incarnait ma fée libératrice.


    A sa place, ô blasphème, existe, vil suppôt,

    Un édicule ingrat qui vous tend sans vergogne

    Sa lézarde à monnaie, pour recueillir l’impôt

    Qui de Vespasien fut la triste besogne.


    Au zénith de l’urgence, on peut le déplorer,

    Je n’entrerai jamais dans cet antre aseptique

    Où la porte vous claustre, où la brosse à curer

    Se livre à je ne sais quel geste automatique.


    Aussi, quand vous verrez un passant agité,

    Réprimant sans espoir la crampe pelvienne,

    Vous pourrez dire alors, empreints de gravité,

    " C’est lui qu’on a privé de sa vespasienne ".

    René Lallement

     

    Martina Scanavinovich

     


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  • Invitée de la dernière heure, Ana Surret propose de nous rafraîchir un moment et de goûter un peu l’air de la mer avant le bouquet final…



    La mer


    Horizon sans bornes, le ciel dans l’eau, l’eau dans le ciel, l’œil hypnotisé se noie dans une brillance bleutée aux tons changeants, et se réveille à la vue d’un frêle esquif laissant une fragile écume dans son sillage.

    &&&&&&&&&

    La mer s’esquive emportant avec elle le sable que les pieds ne peuvent retenir, et revient sournoise au-delà de la limite repérée, abandonnant d’éphémères bulles et des débris de posidonie.


    &&&&&&&&&

    Chaude sous le soleil d’été, elle invite à l’abandon, baignoire géante accueillant mille nageurs qu’elle surprend par une brusque vague surgie d’ondulations douces et régulières, amorce d’un chahut naissant sous le vent, devançant l’orage.


    &&&&&&&&&

    Furieuse, les vagues montent à l’assaut des rochers dans un mouvement tant et tant de fois répété que la pierre est creusée de mille trous, l’éclatement violent des vagues disperse bien au-delà de la promenade une écume salée poissant les cheveux des promeneurs téméraires.


    &&&&&&&&&

    Quelques nuages mouchètent encore le ciel, l’eau agitée n’a pas retrouvé sa limpidité, elle s’apaise, sa furie se mue en caresses appuyées, les vagues abandonnent sable et algues en cordons parallèles, des pêcheurs en suroît jaune trempent du fil dans l’eau brouillée, la mer leur appartient pour un temps encore.

    &&&&&&&&&

    Le navire haut comme un immeuble de dix étages est solidement amarré au quai, son flanc ouvert en trois points avale les provisions, les bagages et le flot des voyageurs, la passerelle pentue oscille sous leurs pas faisant naître une appréhension chez certains, les portes sont refermées, coups de sifflets et ordres au porte-voix dominés par la sirène scandent le départ, un long tressaillement se répand de la poupe à la proue, le navire s’éloigne du quai aidé par les remorqueurs et tourne son étrave vers le large, un claquement sur l’eau à peine audible, les remorques ont été décrochées et le paquebot file plein sud sous le soleil de midi.


    &&&&&&&&&

    Le navire est chahuté en tous sens, agrippés au bastingage du pont sous la salle des commande, où l’on imagine le capitaine scrutant le noir et ses aides les yeux rivés sur les écrans radars, nous résistons au vent, aux embruns portés par les paquets de mer qui s’écrasent au-dessous de nous, le pinceau d’un puissant projecteur éclaire la confusion liquide, depuis deux heures, la modeste houle dans laquelle batifolaient des dauphins s’est transformée en tempête, la mer se creuse et s’élève formant des vagues de plus en plus haute, elle a finalement raison de nous et nous renvoie à l’intérieur.


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  • Avant la cérémonie de clôture et le bouquet final, Martina Scanavinovich est venue enrichir le café avec quelques unes de ses toiles...  
    et un peu de musique pour agrémenter la visite...
     



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    René Lallement
    est très sollicité en tant que Président de jury dans les concours de poésie. C'est un maître qui ne laisse passer aucune faute de prosodie. Il a reçu de nombreuses distinctions en poésie et en nouvelles. Il manipule fort bien l'humour pour notre plus grand plaisir.

     




    Rupture dramatique


    Claire et Louis s’aimaient d’un amour romantique,

    Ils unirent leurs jours et furent très heureux.

    Lorsque Louis brisé d’épuisement physique

    Rentrait le soir après un travail rigoureux.


    Son chien le régalait d’aboiements agréables

    Tandis que son épouse aux gestes délicats

    Lui donnait gentiment des chaussons confortables.

    Une solide flamme animait leurs ébats.


    Mais le temps implacable éteint les sentiments :

    Après dix ans d’hymen Madame sans scrupules

    L’accueillait par des cris jalonnés d’aboiements

    Et son chien chaque soir lui apportait ses mules.


    L’assistance octroyée était bien sûr la même

    Mais la fourbe discorde apparut sans appel :

    Ils se sont séparés lors d’un courroux extrême

    Pour mettre fin tous deux à d’incessants duels.


    Comme ils s’aimaient toujours, un sinistre calvaire

    Changea leur désaccord en drames inouïs :

    Louis est non voyant car il ne voit plus Claire,

    Claire est sourde à jamais car elle a perdu Louis.


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  • Jacques Charlier est un artiste aux multiples facettes. La vie lui a donné rendez-vous aux quatre coins du monde Riche de nombreuses expositions, c’est en toute simplicité qu’il est venu nous jouer une de ses partitions…

     

    Les Chemins d'Hier

     

    Ne te retourne pas …

    les larmes que tu verses

    ne font que t'éloigner du temps qui fuit.

    Elles ne font que t'enchaîner

    à l'ombre des ombres

    qui hantent les chemins d'hier.


    Tu as beau piétiner sur ce qui fut naguère,

    chaque vague, chaque souffle du vent est unique,

    jamais rien ne revient, pareil à l'identique.


    Hélas, chaque jour, tu répètes et répètes ces gestes,

    qui te font croire être au même endroit,

    entouré des mêmes choses,

    sous un même soleil et nuages,

    figés à tout jamais au rythme des saisons.


    Cette beauté qui te ravit,

    ces cris joyeux d'enfants,

    ces crépuscules qui t'immergent

    dans la félicité de la mélancolie,

    tu n'y décèles pas les affres de la durée

    qui les désagrège.


    Dépliant et repliant sans cesse bagages,

    tu t'obstines à ignorer le temps qui range, aligne,

    dissous le réel et le rêve,

    le puéril et le fugace,

    nous donnant l'illusion

    de tout pouvoir revivre un jour,

    préservés des décombres et des ruines.


    Aussi, détourne ton regard, il faudra bien t'y faire,

    jamais rien ne revient.

    ces rideaux de pluie, de neige et de lumière,

    ces amours qui bousculèrent ta vie,

    pourquoi nier qu'ils ne peuvent revenir ?


    Préfères-tu donc marcher à l'ombre des chemins d'hier,

    Te souvenir sans cesse de tes souvenirs,

    Verser des larmes pour t'éloigner du temps qui fuit ?


     

    Né à Liège en 1939, Jacques Charlier est un artiste autodidacte. Il est employé au Service technique provincial de Liège, puis professeur de graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège, ce qui nourrit sa production personnelle. Sa démarche est sous-tendue par une analyse critique du monde l'art, du marché et des différents courants dits d'avant-garde. A la recherche de la meilleure adéquation entre l'idée et le médium, il privilégie une approche pluridisciplinaire. Choisissant tour à tour la peinture, la photographie, la vidéo, la musique, l'écriture, la sculpture, les installations, la BD, la publicité..., l'artiste adopte avec la même aisance le langage des différents styles et époques.

    Jacques Charlier participe régulièrement à des expositions personnelles et collectives tant en Belgique qu’à l’étranger. Il est présent dans de nombreuses collections privées, dans les collections des institutions belges (Communauté française de Belgique, musées d'art moderne d'Antwerpen, Brussels, Gent et Oostende) et françaises (Fracs Champagne-Ardennes, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Roussillon et Pays de la Loire) ainsi qu’au Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean à Luxembourg.


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  • C’est en compagnie de Colette Rigoulot que nous retournons danser… Poésie et peintures (Vieil homme au turban et Douleur de mère) sont à nouveau à l’honneur pour éclairer la piste et faire valser les convives...

     





    Le soir 

    Le voile agonisant, du jour couvre de mauve

    Sous la brise du soir, dans un dernier frisson

    L'astre diurne, fanant, paisible à l'horizon,

    Cette agreste étendue, au vaste tertre fauve.

     

    Le soleil a orné, de sa palette-oubli

    L'espace volatil, nappant le crépuscule

    D'un voile si léger, qui doucement ondule,

    Qu'il va s'évanouir, aux confins de la nuit.

     

    Un reste de douceur, que l'atmosphère enchaîne

    Retiendrait volontiers, prisonnier de la nuit

    Ce phénix aux déclins et retours infinis

    D'une gaze nacrée, aux langueurs incertaines.


     

    Poète et peintre parisien, Colette Rigoulot a obtenu de nombreuses distinctions.

     


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  • Pour son entrée en scène, Suzanne Alvarez, notre maîtresse de cérémonie, nous propose une escapade singulière : rien moins qu’une petite promenade du côté des cimetières de Nice à la rencontre d’hommes et de femmes illustres…





     






    L’endroit de toutes les égalités.


    Bien sûr, il y a celui du " Château " qui domine toute la ville, au-dessus de la Promenade des Anglais et dont on dit qu’il est l’un des plus beaux de France (au Monde disent les gens d’ici), et où j’aime flâner après avoir traversé le Vieux-Nice. Le grand portail à peine franchi, je vais toujours saluer en premier le romancier et père de Rouletabille, Gaston Leroux. Au détour d’une allée, je m’incline devant Léon Gambetta, homme politique français sous la Troisième République. Et puis, plus loin, beaucoup plus loin, je vais à la rencontre de René Goscinny que je trouve souvent en grande conversation avec Astérix et le Petit Nicolas.

    J’aime bien aussi me balader dans celui de " Cimiez ", tout aussi illustre et monumental, où séjournent le peintre Henri Matisse et puis aussi Roger-Martin-du-Gard : Les Thibault vous connaissez, n’est-ce pas ?

    Mais celui que je préfère se trouve à quelques rues de chez moi, et après une envolée de marches qui mène à la colline. J’ai découvert, un peu en retrait des agitations de la ville, cet endroit paisible, serré entre une église et un couvent, il y a un an de cela. Ce lieu, plein de charme et de sérénité, abrite quelques familles niçoises prestigieuses, comme le peintre Cyrille Besset ou Charles Delmas, le célèbre architecte. C’est un petit cimetière de campagne, le plus vieux de Nice : " Le cimetière Saint-Barthélemy ".

    Dans la partie ancienne, au-dessus d’un petit escalier, j’étais tombée en arrêt, un jour, devant une modeste tombe sans entourage et quasiment abandonnée. C’était en octobre 2008, il me semble bien. Pas de socle, rien que des gravillons la recouvrent. Et sur la stèle de pierre, surmontée d’une simple croix, en pierre elle aussi, voici ce que j’ai lu : " Marie-Geneviève Laure La Poittevin de Maupassant- née à Rouen Seine Inférieure- le 28 septembre 1821-morte à Nice le 8 décembre 1903 ". Jugez de mon étonnement ! Moi qui ignorais que la mère à Guy de Maupassant était Niçoise. Cette passionnée de belles lettres parlant couramment l’anglais, et l’italien surtout, recevait souvent la visite de Gustave Flaubert. Juste à côté d’elle, Jean Behra, champion automobile des années 50 lui tient compagnie. Plus loin, en contrebas, se trouve la chapelle funéraire de la Comtesse Emmanuelle Potocka, une de ses maîtresses, la seule femme, après sa mère bien sûre, qui ait vraiment compté pour Guy de Maupassant, qu’il avait surnommée " Sa gamine " et à qui il écrivait : " Je t’aime, je te cherche. Je tiens encore ton ombre chaude dans mes bras. ".

    Voilà, vous savez tout ou presque. Je suis retournée tout dernièrement dans ce petit cimetière de Saint-Barthélemy pour prendre cette photo, pour vous, amis nouvellistes, dont Maupassant est souvent la référence, mais également pour vous, amis poètes, puisque poète, il l’était aussi. C’était le 2 octobre. C’était la St Léger. Et il faisait si beau. 



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  • Autoportrait aux attributs multiples

    Poète, peintre, compositeur, Louis Delorme est un homme orchestre.
    Si le musicien et le peintre nous invitent à lire le monde autant avec l’œil que l’ouïe, le poète nous rappelle que l’on ne sent pas seulement battre la vie avec ses yeux et son cœur mais avec aussi son intérieur…


    L'Aiguille

    Paroles de Louis Delorme
    Musique et interprétation : Serge Bastille




    Reflet


    L'eau qui dort dans tes yeux ne vient pas de ta source

    Mais elle a traversé déjà tout l'univers ;

    Elle a pris en passant le rêve à la Grand Ourse

    Et la simplicité sauvage du désert.

     

    Ce miroir apaisé se remet de sa course ;

    Seuls les cils de tes bords, sur leur lac entrouverts,

    Dans ce monde agité puisent quelque ressource,

    Semblent appartenir à celui de la chair.

     

    Mais rien ne peut troubler ta limpide prunelle

    Dont la vive clarté demeure intemporelle

    Et c'est là que je plonge  avec pour seul souci

     

    D'oublier que j'existe en dehors de tes charmes...

    Je tente de subir la mort en raccourci

    Et voudrais me noyer dans l'une de tes larmes.

     

    Louis Delorme a reçu le Prix François Coppée de l'Académie Française en 1976. Certains de ses poèmes sont dans les manuels scolaires. Nombreuses sont ses distinctions. Il a créé les Editions du Brontosaure.


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  • Ainsi, après un certain nombre d’années et quelques tours du monde, on se prend à revenir sur un livre, à retrouver les pensées qui nous animaient alors. A sa lecture on se prend à croire en une liberté nouvelle, à rêver une autre présence, à voir encore quelque chose devant soi et à tracer de nouvelles inscriptions… Jean-Pierre Michel ose croire que la page n’est pas encore tournée et que la langue de la vie n’est pas vouée à rester muette…

     

     

    Le livre de la vie


     Le livre s’est ouvert aux pages de mots tendres

     Que murmurait ma mère, au chevet de mes nuits

    J’en ai goûté l’amour, comme on savoure un fruit

       Les années ont passé, je n’ai pas su lui rendre.

     

             Entre le bleu de l’aube et l’or bruni du soir

           J’ai vu bien des saisons pour sublimer la terre

    Et les tourments d’un monde emporté par la guerre

          Que la folie de l’homme accule au désespoir .

     

         Le temps impitoyable est venu me surprendre

              Sur la dernière page il m’invite à partir

              Grand sera mon regret, à mon dernier soupir

      De n’y voir le mot Fin, s’inscrire sur mes cendres.



    Jean-Pierre MICHEL, Sociétaire des Poètes Français, fondateur d'une association de poésie dans la région parisienne, dont il a été président durant dix ans, surfe sur la vague des concours de poésie où se nouent de solides amitiés. Il participe aux réunions poétiques du Café Montmartre à Paris et du Cercle Régional d'Aèdes Contemporains à Maisons-Laffitte.

     


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  • Vous le savez, le café n’est pas seulement un débit de boissons, ni une auberge ou un bastringue, le café est une espèce de théâtre imaginaire où les acteurs ont envie d’aller et venir, de danser, de voler dans les airs, d’être dans l’éternité d’un poème, d’être un livre singulier avec son odeur propre, secrète et bouleversante, d’avoir l’esprit chargé des histoires des uns et des autres.
    Danielle Hymbert- Zenaïdi est venue au café, a humé quelques bouffées de musique et s’est lancée…

     

    La fonderie de caractères

     

    Au 8 rue de l’Abbaye, derrière la cathédrale Notre-Dame à Paris, se trouve une fonderie de caractères pour l’imprimerie et la reliure.

    L’écusson en cuivre et en laiton orne la porte depuis sa création en 1871. Les ouvriers spécialisés qui y travaillent sont les dépositaires d’un savoir-faire ancien, ancré dans la tradition et le bon goût. Ils ont su évoluer avec les techniques nouvelles.

    Les derniers descendants des fondateurs, les trois frères Bertrand se sont séparés à la suite d’une querelle d’intérêts. Louis voulait ses parts pour s’installer en Patagonie y élever des chevaux, Georges, dit Jojo, parcourait toute l’Europe et brûlait sa vie dans les endroits les plus louches. Le dernier, Pierre, un homme très austère, tenait à bout de bras les rênes de l’entreprise.

    Après le partage, les temps furent difficiles pour la fonderie, malgré les nombreuses commandes pour l’édition de livres rares destinés à des bibliophiles.

    A Anvers, Jojo rencontra Mademoiselle Irma. Ce fut tout de suite entre eux l’amour fou ; elle tenait dans une ruelle sombre près des docks une maison de tolérance au nom poétique " Au Carrosse doré " ; ils se mirent en ménage et… en affaires ; l’entreprise fut florissante ; ils vécurent riches et heureux pendant de nombreuses années ; 5 enfants vinrent égayer leur doux foyer.

    Pourtant, un jour Jojo et Irma durent rentrer en France ; l’affaire familiale périclitait ; c’était en raison d’une mauvaise gestion, de placements hasardeux, de désaccords entre les actionnaires.

    Le frère qui menait la société depuis la mort du père n’avait pas un grand sens du commerce et il était ennuyeux : jamais il ne riait, il ne se distrayait point, travaillait sans cesse ; d’ailleurs il n’a jamais pris le temps de se marier, trop occupé disait-il.

    Avec quel argent renflouer l’entreprise familiale léguée par les anciens ? Faire appel au crédit bancaire ? Impossible ; c’était la crise ; on venait d’entrer en récession, les plus optimistes parlaient de croissance négative. Qui et que croire ? Jojo et Irma, consultés par écrit, firent une proposition... Ils pouvaient apporter des capitaux.

    Ce fut pour Pierre un dilemme ; comment accepter l’argent malhonnêtement gagné ; c’était contraire à son éthique personnelle et à tous ses principes moraux. A quoi bon avoir vécu et travaillé honnêtement toute sa vie pour en arriver à un tel choix ?

    Lorsque sa belle-sœur anversoise fit son apparition, là devant lui, il eut un choc émotionnel, le premier de sa vie; elle était  si belle, grande, rousse, les cheveux bouclés, court vêtue et elle portait des escarpins rouge et doré. Jamais il n’avait vu une telle créature. Et elle en avait du caractère ! Une maîtresse femme ! Sa seule apparition mit fin à tous ses scrupules. Il fondit.

    D’un commun accord tous les trois changèrent le nom de l’entreprise et l’appelèrent " Au Carrosse doré Bertrand Frères et belle-soeur " 

     

     

    Danielle Hymbert-Zenaïdi a une cinquantaine d’années, deux fils, une formation en gestion. Elle a vécu longtemps à l’étranger. Lotoise de cœur et d’adoption mais originaire de Paris.


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