Un nouveau " Transit " pour entamer 2009, ça vous dit ?
La rumeur allait bon train. Ils allaient frapper. La menace était venue du bout du pays. Une promesse de châtiment
décrétée par un obscur illuminé. La plupart des journaux en avaient fait leur une. On se disait que cette fois c’était pour de bon. A la ville comme à la campagne, il n’y aurait pas de
différence. Le réseau ferré était en ligne de mire et la police l’avait minutieusement maillé. Prête à bondir en temps voulu. Le voyageur ordinaire était exhorté à rester chez lui et à suivre la
bataille du rail sur son poste. Dans les wagons on faisait mine de ne rien voir mais chaque jour l’espace de circulation se rétrécissait et l’horizon devenait toujours plus incertain. La lumière
elle-même finissait par s’amenuiser. Malgré tout, les migrations quotidiennes ne se réduisaient pas de façon significative et ils étaient encore des milliers d’anonymes à ne pas vouloir s’en
laisser conter. Têtes en avant et portables en poche, les journaliers n’hésitaient pas à railler tout ce qui portait uniforme, défendant becs et ongles leur droit à circuler et à être les
premiers témoins de l’histoire. A travers le mince interstice qui subsistait, ils guettaient, cœur battant, l'incident qui enclencherait la bascule. Aucun d’entre eux ne s’imaginait pouvoir être
pris comme cible et encore moins soupçonné de fomenter un quelconque trouble de l’ordre public. Pourtant, dans un foisonnement de caméras pétaradantes et un déluge de témoignages explosifs, une
poignée de ces méchants rebelles allaient être isolés du lot, chargés des pires forfaitures et sommés de se ranger, sans accommodements ni compromis possibles, aux exigences de la nouvelle
souveraineté… jusqu’au branle-bas suivant.