• Rivages urbains

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    Pour que dans l'euphorie des fêtes, on ne les oublie pas...

     

    L’épave

    par Claude Romashov

     

     

    Elle tangue roulée dans son paletot trempé de pluie.

    Le temps a la nausée et vomit sa bile.

    Elle se tient aux murs, arrache des débris de plâtre.

    Et va s’échouer durement sur le trottoir.

    A la vue des passants scandalisés.

    Elle n’est plus qu’un déchet, un rebut.

    On peut l’écraser, lui marcher dessus.

    La mer a trop charrié d’écume et de douleur.

    La mer lui a rongé la peau.

    L’indifférence tue plus que la lame mortelle des vagues.

    Dans un dernier sursaut, elle lève un bras pétrifié

    Vers le ciel soufflé d’étoiles.

    L’épave disloquée gît sur le sable.

    Des insectes de bois se délectent de ses chairs

    Cassantes comme du pain de sel.

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 16 Décembre 2011 à 21:05

    oui c'est déchirant

    2
    blanc
    Samedi 23 Août 2014 à 18:14

    La respiration de ce poème est haletante. Elle arrache de la vie de son corps , s'effrite et exhale sur le froid bitume

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