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    Nora Luka, de Monika Juhasz-Miczura et Gipsy Star se joignent à nos poètes du jour, Louis Delorme, Jean-Pierre Michel et un poète inconnu... 

    Les mots

    J'ai mis des mots sur tout ce qui me touche

    Les jours heureux, les moments de malheur...

    j'en ai brodé de toutes les couleurs,

    J'en ai semé mon chemin et ta couche.

     

    Les plus acérés ont parfois fait mouche:

    Ils n'ont pas dit ma rogne avec des fleurs;

    J'en ai trouvé pour apaiser tes pleurs

    Mais les plus doux sont sortis de ta bouche.

      

    Ils ont tissé, tant les tiens que les miens,

    La vie durant, d'indéfectibles liens

    Et nos enfants les ont dans leur bagage...

     

    J'en ai gardé pour la soif et la fin,

    Pour agrémenter notre long voyage

    Mais le plus beau, c'est celui de la fin.

     Louis Delorme

     

    Songe d'été 

    Lorsque la nuit m’emporte au rivage des rêves

    Où s’effeuille ton corps sous la beauté des cieux

    L’éclat de ton sourire est comme un or précieux

    Que vient cueillir l’amour au sable blond des grèves.

     

    Aux murmures de l’onde, où dorment les fonds clairs

    Scintille dans tes yeux le reflet des étoiles

    Quand sur les flots dansants, au loin, voguent les voiles

    Et frissonne ta peau au souffle de la mer.

     

    A l’heure vaporeuse, où l’aube frôle l’ombre

    S’éteignent les élans de nos secrets désirs.

    Je garde le parfum d’un vivant souvenir

    Lorsque dansait la houle au flanc des vagues sombres.

    Jean-Pierre Michel

     

    L’homme

    Sous l’alcôve du ciel, pour des plaisirs sans fin

    Ce fieffé polisson vient brûler sa jeunesse

    Où le corps est offrande aux sublimes caresses

    Dont la femme à tout âge, aime le doux parfum.

     

    Chaque instant est propice aux folles aventures

    Pour en goûter le fruit, sur les belles en fleurs

    Où mordillent les mots, au charme ensorceleur

    Dont la nuit innocente, écoute les murmures…

     

    Mais aux jeux de l’amour, déclinent les élans

    Quand le souffle du temps, fait vaciller la flamme.

    L’homme, le corps en deuil et la tristesse à l’âme

    Voit l’ultime lueur, s’éteindre sous les ans.

    Poète inconnu


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    Yvette Bonnaric, Louise Debrakel et  Paul Athanase sont à l'affiche aujourd'hui.

    Le barman a choisi "Misty" d'Ella Fittgerald pour les accompagner... 

     

    Accueil 

    Accueille, dès le seuil, celui qui vient te voir.

    Qu'importe sa couleur ! Offre ta gentillesse,

    La nappe du festin, la coupe de l'ivresse ;

    Parfume l'eau du bain pour bien le recevoir. 

     

    Avance les coussins pour qu'il puisse s'asseoir.

    Fais entrer le soleil pour dorer l'allégresse,

    Pose, auprès de sa couche, un livre de sagesse,

    Quand son regard se voile aux approches du soir.

     

    Approuve son ascèse en disciple crédule.

    S'il aspire au silence, arrête la pendule,

    Ouvre-lui ton piano, s'il désire chanter.

     

    Allège ses tourments, que ton âme les porte !

    Un champagne rosé saura bien enchanter

    Celui que le destin conduisit vers ta porte.

    Yvette Bonnaric

     

     

    Le bonheur

    Oh ! quel bonheur d'être malade

    Et de pouvoir penser à vous!

    J'ai dans l'oreille des cascades

    De tintements et de mots doux.

     

    Quand la fatigue me rend sage

    Je lève les yeux et souris

    Au reflet de votre visage

    Penché au dessus de mon lit.

     

    Et voilà qu'une horloge sonne

    Et je crois que c'est votre voix

    Et comme je ne m'endors pas,

     

    Mes cheveux font, qui se dénouent,

    La caresse chaude et si bonne

    De votre main contre ma joue.

    Louise Debrakel

     

    Une simple photo  

    Jamais je n'oublierai cette simple photo

    Qui m'a si bien parlé sans l'aide d'un seul mot.

    Un enfant qui dormait dans les bras de son père,

    D'un sommeil apaisé qui gardait son mystère...

     

    Et son père, attendri, ne le regardait pas...

    Interrogeant le ciel, perdus dans l'au delà,

    Ses yeux devaient chercher, dans un rêve incertain,

    Ce que serait sa vie...quel serait son destin...

     

    Peut-être rêvait-il, mais ses yeux traduisaient

    A la fois son amour et sa sérénité.

    Une simple photo...un moment d'émotion...

     

    Un sentiment diffus entraînant la question :

    Qu'y a t-il d'aussi beau qu'un sourire de mère?...

    Je le sais à présent. C'est le regard d'un père.

    Paul Athanase

     

     


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    Jean Calbrix, Madeleine et René Lallement sont les invités de ce 3ème jour de fête. Abd Al Malik les accompagne avec "Gibraltar"

     

    Mumba

    Que fais-tu là, Mumba, sur la mer en furie  

    Loin des tiens, ta mangrove et tes palétuviers ?

    Tu revois ta promise aux grâces de pluviers ;

    Pour elle tu t'en fus en pleine pénurie

     

    Gagner quelques euros, palliant l'incurie

    Du petit homme blanc, le nez dans vos viviers,

    Interdisant la pêche et tous vos éperviers(*),

    Vous laissant affamés, meurtrière aporie.

     

    Déjà tu vis au loin les côtes d'Occident,

    Heureux, touchant au but, indemne d'incident.

    Dans ta coque de noix, ton coeur était en fête,

     

    Et tes espoirs voguaient au gré des flots courants.

    Hélas ! le vent rageur déchaîna la tempête ;

    Et l'on te repêcha, mort parmi les mourants.   

    (*) Filets de pêches. On dit aussi pêcher à l’épervier

    Jean Calbrix 

     

    Fait d'hiver

    Parfois, quand il est dit que l'âme humaine est noble

    Le doute m'est permis devant de tels propos

    Lorsque ce jour d'hiver, j'ai vu dans le métro

    Devant la main tendue, les gens les plus ignobles.

     

    Face à l'homme brisé, marqué par la galère

    Venu leur demander de quoi calmer sa faim

    Ils ont jeté l'argent, comme un os à un chien

    En riant de plaisir, quand il roulait à terre.

     

    A ces êtres abjects, je veux crier bien haut

    Connaître la misère est une tragédie

    En rire sans pudeur, c'est humilier la vie

    Je le pense et leur dit, - vous êtes des salauds -

    Madeleine

     

    Mépris

    Puissants qui perturbez la terre,

    Jamais vous ne serez pleurés.

    Morts, deviendrez vile poussière,

    Puissants qui perturbez la terre.

     

    Pour avoir semé la misère

    Par vos rêves démesurés,

    Puissants qui perturbez la terre,

    Jamais vous ne serez pleurés

    René Lallement 


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  • Concert-2.jpg

    Olivier FURON-BAZAN

    est président de la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie, fondateur de la toute nouvelle Fédération Internationale Artistique et Poétique de France, lauréat du grand prix de la poésie francophone pour le recueil LOVE A TOI (2009) 

    Nous lui offrons "Live in the desert" de Yair Dalal 

     

     

    Rêverie vocale

     

    Ta voix éloignée flottait au vent de l'éternité !

    Elle est là, permanente, parfois vacillante

    Voulant guider mes paroles défaillantes

    Pour provoquer l'osmose et notre pérennité !

     

    Ton corps est aussi un rêve après tant d'absence,

    De jours ombrageux et de semaines décourageantes,

    Enfin les lucarnes de la vie s' entrouvrent changeantes

    Pour battre la campagne inconnue avec décence !

     

    Ta voix si fragile découpe de longs silences

    Sans doute, libération des chemins de la naissance

    Et des grands bonheurs à l'approche d'une renaissance

    Acquise lentement, parfois avec insolence !

     

    Ton corps si douillet a choisi la rue de la liberté

    Tes yeux ne sont plus que deux simples pétales,

    Parmi les fleurs d'un printemps végétal,

    Dans l'attente de célébrer la douceur de l'été.

     

    Ta voix préfère le sacré et son silence ;

    Ton corps, celui d'un égarement vers la Liberté !

    Mais ton histoire est un amour d'une frivolité

    Qui s'écrit sans générosité et dans la turbulence !

     

     

    L'AZUR CÂLIN....

     

    Love, tu es ma douce et belle obsession

    Ton retour dans mes rêves solitaires et mes pensées

    Devient aussi vivace que ce lierre au fastidieux passé

    Me couvrant de ses chaînes d'un bagne sans pression.

     

    Love, tu es ma fée à la baguette sans mesure

    Accompagnée délicatement et avec modération

    Par les hymnes à la joie sans aucune conjuration

    Frappant mes sentiments sans démesure.

     

    Love, tu es mon soleil de demain et de mes rêves câlins

    Ton esprit est là, ouvert avec ravissement à ta flamme

    D'un soupir mesuré, accompagné de ton oriflamme

    Aux couleurs tendres de l'océan azur et cristallin.

     

    Love, tu es le miroir de cette folle tendresse,

    Ton corps moitié nu est un rappel aux espérances

    D'une félicité sans retour, en oubliant les souffrances

    Et déshérences pour un futur à vivre sans paresse.


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    Au café, la fin de l'année se termine sous le signe de la poésie.

    On ne se demande plus à quoi rime la poésie et que sont les poètes, ni pourquoi le vers contribue autant à humaniser la société. Qu'elle soit cri, prière, chant, complainte, l'expression poétique est une voix sur un chemin d'errance, une alchimie de mots de l'instant, de lettres hors du temps. Le poète n'explique rien et c'est avec une joyeuse légèreté, une romantique pudeur ou une bouffée de colère qu'il donne à entendre les battement de cœur de l'amoureux, la rêverie du promeneur ou la sourde douleur du compagnon d'infortune.

    En ce premier jour de concert nous recevons Johanne Hauber-Bieth  et lui dédions "Summertime" chanté par Sarah Vaughan 

     

    Minuit païen…

    Il est venu vagir dans un berceau de paille

    Avec au cœur l’amour, la sève du pardon

    Alors que les humains ne pensent que "ripaille"

    Oubliant que Noël fut avant tout un don.

     

    Ils fêtent goulûment… mais la crèche tressaille…

    Il est venu vagir dans un berceau de paille

    Et dans l’église vide où doucement Joseph

    Veille sur l’enfant-dieu, muette est la Grand’ nef.

     

    Ni cantique ni chants… pourtant l’autel s’émaille

    De tendres lumignons pour fêter ce doux soir :  

    Il est venu vagir dans un berceau de paille…

    Hélas ! pas un fidèle, ils sont tous à déchoir !

     

    Les uns sont trop gourmets, les autres déjà soûls

    Pour penser au mystère à minuit qui sonnaille…

    Portant déjà sa croix, pour eux, pour moi, pour vous,

    Il est venu vagir dans un berceau de paille.


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  • Les-toros.jpg

    Et si, avec Annie, nous écoutions Jacques Brel nous conter le dimanche des taureaux...

    en compagnie d'un crocodile pour donner le change à Ysiad...

    croco-Ysiad.jpg

     


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  • vogue-poete.jpg

    Promenons-nous donc du côté de l'Île Saint Louis en compagnie de Léo Ferré

     


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  • Derive2.jpg

    Comme nous l'avons fait dernièrement avec Christelle et son poème "A l'aube de la vie", il eût été dommage de ne pas profiter pleinement de celui laissé par Jean Calbrix dans les commentaires sur "Julius".

     

    Dérive

    Les charlatans sont là, voilà que l’on délaisse
    Le chemin des aïeux devant nous grand ouvert.
    Désormais il faudra marcher à découvert,
    Les bourreaux frapperont sans aucune mollesse.

    Ce nouvel esclavage sera payé très cher
    Par les faibles et les fous dans une marche lente
    Vers des gouffres sans fond, sur la lave brûlante
    Qu’ils en imploreront de périr dans la mer.

    Car nul ne saura plus ce qu’est une aube fraîche,
    Ce qu’est un coin de ciel, ce qu’est une couleur,
    Ce qu’est un rire clair, encor moins une fleur.
    Rien ne poussera plus sur cette terre sèche.

    Et c’est un cauchemar sur ton front qui se plisse,
    Un rictus sur ta lèvre au rouge de carmin.
    La raison a quitté tout ce qui fait l’humain,
    Tu ne connaîtras plus ni bonheur, ni délice !

    Allons, révolte-toi ! Fuis cet embrassement
    Des Judas se vautrant sur ta liberté d’homme.
    Avant que tu ne sois enchaîné, pauvre pomme,
    Qu’ils te fassent crever, doucement, doucement !

     


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    Vous êtes nombreux à souhaiter que le parfum de la poésie illumine vos soirées passées au café. Dans cette société qui devient chaque jour de plus en plus ténébreuse, je propose aux poètes de préparer un concert au café à diffuser pendant la dernière semaine de l'année ; l'occasion de croiser des vers et des verres à propos d'évènements, rencontres, découvertes, aventures... au cours de l'année 2010 et qui les auront amusés, fâchés, réjouis ou révoltés. Alors que l'on se passe le mot et 2010 ne se terminera pas sans lumières !  


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  • Pour-Christelle.jpg 

    Maintenant que Lastrega a fait le travail de remise en forme du poème de Christelle, il ne reste plus qu'à le présenter au menu du jour et souhaiter qu'en ce dimanche de neige il réchauffe grands et petits...

     

     

    À L'aube de la vie

     

    Quand vient l'aube nouvelle en gerbes de lumière

    Sous la voûte d'azur, à l'entrée du berceau

    Dansent les reflets d'or, comme un ballet d'oiseaux

    Où viennent se pencher les ombres familières.

     

    Dans la splendeur du jour, s'entend un premier cri

    A l'heure où l'enfant-né dévoile sa présence

    Pour offrir au matin la fleur de l'innocence

    Dont un élan d'amour vient récolter le fruit.

     

    Sur des notes d'espoir, comme une mélodie

    L'écho du temps qui passe est plaisir enchanteur

    Et l'horizon frémit, sortant de sa torpeur  

    Quand l'aile de l'instant s'envole vers la vie.


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