• Histoires d'eau (15)


    Alors que l’horizon commençait à s’affoler et que les éclairs fusaient, le capitaine Alvarez sentit l’odeur de la terre mouillée remonter jusqu’au Pythagore. Elle vira de bord et mit le cap vers ...
                                                       L’île aux deux visages

     

    Saint-Martin/Sin Marteen  Ici, tout est double : deux noms, deux langues, deux monnaies, deux zones, deux styles de vie…

    C’est du côté hollandais de l’île, à Philipsburg* que je l’avais rencontrée par le plus grand des hasards. Elle sortait de l’aéroport " Princess Juliana " en même temps que la moussaillonne qui venait passer ses vacances universitaires. Dans l’avion, elles avaient voyagé toutes deux de concert et avaient sympathisé. Et comme elle cherchait à se rendre au Beach Plazza, un hôtel situé dans la partie française, à deux pas de la Marina Royale où notre voilier était ancré, je m’étais proposé de l’y conduire en voiture. Puisque c’était notre chemin.

     

    Dès ma première rencontre avec le Docteur Gwladys, s’était établi un échange qui allait bien au-delà des mots, puisqu’elle s’exprimait dans un français assez approximatif. Mais c’était certainement la femme la plus civilisée, la plus élégante, la plus charmante que j’aie jamais rencontrée depuis bien des années. Délicate et sensible, la vulgarité, la bassesse, l’indifférence lui étaient inconnues. Elle était Suédoise, venait se reposer pendant un mois tous les ans à Saint-Martin* dont elle était tombée amoureuse, descendait toujours au même hôtel et réservait toujours la même chambre, avec vue sur le lagon. Aussi, quand elle me demanda de l’aider à perfectionner son français, car elle avait dans l’idée d’acheter une résidence secondaire à Marigot* pour sa retraite future, je n’hésitai pas un seul instant. Et puis, ça me changeait un peu de toute la faune des gens de mer qui différaient assez de ce que nous avions connus jusque-là et qui traînaient sur les chantiers, venus atterrir ici, dans cet endroit perdu, pour se planquer, traficoter avec la drogue ou simplement retaper et vendre leur bateau, ou même trouver un travail pour pouvoir continuer leur périple autour du monde. Sans compter que Carole était ravie de savoir sa mère en si bonne compagnie. Marc s’activait pendant toutes ses journées à la réfection de Pythagore qui avait subi de gros dégâts pendant le cyclone Luis*. De mon côté, je travaillais à mi-temps six jours sur sept comme secrétaire-comptable dans un magasin de fripes de la Marina, chez une espèce d’escroc qui revendait à prix d’or, aux Américains de passage, des vêtements achetés au kilo à Taïwan.

     

    Je me souviens que son visage, d’une exquise finesse, avait eu un léger mouvement de répugnance quand je lui avais proposé de l’initier, pour un début, au langage de la rue, ce qui lui permettrait, dans un premier temps, de se débrouiller pour faire son marché, demander son chemin, acheter un ticket de cinéma, et que sais-je encore. Elle m’avait regardée comme si elle venait d’échapper à un grave accident ou que j’avais provisoirement perdu la tête, puis elle m’avait dit d’un petit air chagrin :

    - Oh ! No… please… pas de ça ! Le beau français… moi je veux !

    J’avais donc opté pour un langage un peu soutenu, en m’excusant presque de l’avoir froissée.

    Elle arrivait dans l’après-midi, sous les coups de 15 heures 30, après sa sieste - et bien après que j’eus terminé mon travail- les pieds nus, à petits pas douillets sur le sable, et installait gracieusement son pliant entre ma fille et moi,  et nous devisions, heureuses, comme de grandes amies qui se connaissaient depuis toujours. Je lui parlais de mes voyages et elle me parlait de sa vie professionnelle surtout, de l’hôpital où elle exerçait, pendant que la moussaillonne lisait ou se baignait la plupart du temps pour ne pas gêner la leçon.

    Gwladys s’exprimait lentement d’une voix douce un peu faible et hésitante, mais qui donnait aux choses dites un charme et un intérêt extrêmes, et écoutait avec religion les bons conseils que je lui prodiguais sur la façon de bien s’exprimer dans la langue de Molière.

    Au début, j’étais assez obsédée par la crainte de lui déplaire, mais par la suite, elle se mit à nourrir à mon égard, l’admiration respectueuse d’un élève pour le maître dont il a choisi de suivre les traces. Et puis aussi, sa gentillesse, toutes ses petites attentions, avaient fini par me mettre à l’aise et me convaincre de son amitié. Je n’étais pas fière, mais simplement j’étais assez contente de moi car elle progressait de jours en jours.

     

    Le souvenir de cette femme si distinguée de cinquante ans me revient souvent. Mais je suis restée sur cette dernière scène, cette dernière image d’elle, ses derniers mots qui sont restés fichés en moi, telle une flèche. Alors que du bout des doigts notre délicieuse amie venait de nous envoyer un petit baiser très triste avant de passer le portail de contrôle de l’aéroport, elle proclama, soudain, avec une emphase qui lui tenait de conviction, pour nous souhaiter bonne chance, sans doute, et en agitant vigoureusement le bras :

    - Et je vous dis merde !

     

     

    *Saint-Martin/Sin Marteen : île des Caraïbes séparée en 2 parties : française au nord et hollandaise au sud, découverte par Christophe Colomb le 11 novembre 1493. Elle se trouve à environ 250 km de la Guadeloupe et appartenait, avant février 2007, à la Guadeloupe, mais depuis, elle dépend surtout de la France métropolitaine car son statut a changé. L’île compte actuellement environ 30 000 habitants (dont 6000 côté français) pour 53,20 km2 les deux côtés confondus.

    *Philipsburg : capitale de Sin Marteen, partie hollandaise de l’île.

    *Marigot : chef-lieu de Saint-Martin, partie française de l’île.

    *Luis : cyclone de forte intensité (classe IV) qui a ravagé, le 5/9/95 une partie des îles du Nord de la Caraïbe et notamment Saint-Martin/Sin Marteen et Saint-Barthelemy.


  • Commentaires

    1
    Mardi 5 Mai 2009 à 20:17
    Une héroïne attachante, qui aurait fait une merveilleuse vicomtesse (de Cambronne).
    2
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Har du varit po semester i frankrike ?
    .
    I ag halle pä at laira mei svenska...
    .
    .
    J'ai bin l'droit d'faire l'contraire de la Madame, non ?
    3
    Sébastien
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Voilà un récit original avec une anecdote qui nous invite à sourire. C'est sympa de rencontrer des gens au bout du monde, venant d'autres pays, qui désirent apprendre la belle langue de Molière et qui dans un moment d'émotion font fi des conventions.
    4
    Phil
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Il est revenu le temps du muguet...
    Avec Suzanne au mois de mai...
    Il me faut constater dans ce récit, Suzanne que tu as de bonnes fréquentations. Je soupçonne quand même que ces mots de Gladys ne sont pas tombés par hasard dans sa bouche...
    C'est vrai ce récit est original et fort agréable à lire.On est obligé encore de te féliciter
    pour ce plaisir que tu nous apportes.
    5
    Yvonne+Oter
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    J'ai quelques doutes et de sérieux soupçons sur la teneur du "beau français" que notre Lastrega a distillé à la belle et distinguée Gwladys. M'est idée que cette savoureuse anecdote contient bien plus de "non dits" qu'il n'y paraît à première lecture. Ou alors, c'est moi qui ai l'esprit mal tourné...
    6
    Tom
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30

    Je pense comme toi Yvonne + Oter je me méfie de Lastrega les sorcières sont capables de tout.

    7
    Driss
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30

    Oui on voudrait en savoir un peu plus sur cette ténébreuse affaire.

    8
    Zelma
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Plus je me creuse et plus je me dis que Suzanne a dû glisser en douce dans les conversations avec sa Suédoise des petits mots qu'elle a entendu quand elle a croisé du côté de la cour des miracles.
    9
    Marc antoine
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Et ben moi je suis sûr que jamais Suzanne n'aurait fait un truc pareil, c'est pas son genre.
    10
    celia
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Mais c'est très très mal ça Suzanne.
    11
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Mais que voilà de sombres agissements que l'on m'accorde là. Moi qui suis si... si... et si...TOUT, quoi !
    Je remercie quand même au passage Magali, LamyJacques (dont je n'ai pas compris tout le message ; mes quelques vestiges en Allemand me susurrent en gros "Avez-vous passé vos vacances en France ?...et ???" et à peu près en Suédois : "Où avez-vous appris à parler français ?... ??" -parce qu'il a bien fallu que j'en sache un peu sur cette langue qui ressemble plus à un éternuement prolongé que...-, et puis aussi Sébastien, Phil, Yvonne Oter, Tom, Driss, Zelma, Marc Antoine (que je croyais mort depuis longtemps) et Celia.
    Mais je suis particulièrement en pétard contre Yvonne Oter, ma Vovonne qui est capable d'écrire de si jolies choses dans son GALOPANT et en même temps me prêter de si noires pensées... ÔÔOOOOOoooo comme si tu savais comme tu assombris tout à coup ma journée, ma Vovonne !
    12
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Irez-vous en France cet été ?
    .
    J'apprends le suèdois, maintenant...

    .
    TOUTANSUEDOA !
    13
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    OUF ! Merci LamyJacques, déjà que la journée s'annonçait mal (à cause des médisances dont je fus l'objet... mais passons, passons), j'allais encore passer la nuit suivante atrocement sans vos explications. Ainsi vous parlez aussi le suédois ? Cette langue est super difficile à apprendre, et surtout à prononcer. Elle escagasse les oreilles, je trouve. J'avais pensé un peu à de l'Allemand, car il faut dire aussi que les Suédois parlent couramment l'Allemand et l'Anglais.Il y a une cinquantaine d'années les Suédois suivaient régulièrement les cours de Français à l'école et le parlaient couramment. Gwladys m'a dit un jour que sa mère parlait couramment cette langue mais que depuis ce temps, on ne l'enseignait plus dans les écoles suédoises. 
    14
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    À la belle époque de ma jeunesse estudiantine, j'expliquais aux jeunes suédoises du labo qui tournaient autour du Franska :
    .
    I ag cher i den snella ôch schöta Franska flikan...
                    
    J'aime une gentille et jolie jeune fille Française...  Ce qui es toujours vrai depuis cinquante ans !
    15
    Sami
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Je pense que l'élégante et délicate dame à du entendre ces vilains mots dans la rue . C'est pas suzanne qui aurais pu lui apprendre des choses pareilles.
    16
    Pere Noel!
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    L'image me fait penser au pere noël dans le ciel sur son traineau .
    17
    Josiane
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Les avis sont partagés. Suzanne t-elle appris ces vilains mots à Gladys, où cette dernière a t-elle séché les cours pour aller s'encanailler?Là est la question.
    Suzanne est-elle responsable? Je ne pense pas. Gladys est majeure et est en droit de faire ce qui lui plaît. Il n'est pas impossible,ses parents étant restés en Suède. qu'elle ait pris quelques libertés, car chacun sait que dans ce pays, les filles sont très surveillées...
    Il ne faut donc pas jeter l'anathème à notre capitaine, qui est une  linguiste distinguée.  
    18
    Yasmina
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    J'aime bien ton récit, Suzanne.Comme à chaque fois, tu nous séduis avec tes rencontres qui éveillent notre curiosité.Et surtout, tu ne te prends pas au sérieux. C'est important pour captiver ceux qui te lisent.Quand on prend conscience de ton audience, on est édifié à ce sujet.
    Ce 15ème épisode est fort plaisant et tu peux le constater la polémique va bon train
    On t'aime bien Cap'taine.
    19
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Lîle à double nationalité de Saint-Martin/Saint-Marteen (française et hollandaise, donc) se situe à 250 km au nord de la Guadeloupe et comporte plus de 55% d'ethnies. Je vous parlerai d'abord de l'île dans son ensemble, puis de la partie française où nous avons séjourné à deux reprises -pas par plaisir mais pour d'autres raisons-, et là où nous avons connu 4 ouragans et une grosse onde tropicale. Mais j'ai tant de choses à dire... car ce n'est pas le paradis dont un certain marin, ancien chanteur aux cheveux longs, et qui fait de la pub à longueur d'année pour les lunettes "ATOLL" (si vous voyez qui je veux dire), et par la même occasion de la pub pour le resto de son flingueur de tonton et devant lequel se déroule la réclame des lunettes en question. Ouf ! Je pars me désaltérer et je reviens... 
    20
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Il y a u demi siècle, les enfants suèdois de 9 ans parlaient leur langue natale et l'Anglais, et à 15 ans ils étaient parfaitement bilingue.

    .
    Les étudiants en Lettres  parlaient Français mieux que la majeure partie de nos compatriotes.
    .                      
    Je baragouinAIS
                                                    
    le suèdois usuel (peu de vocabulaire, mais sans accent, paraît-il) lorsque j'y séjournais un an pour préparer un DES en laboratoire  (Institut de Pharmacologie de L'université d'Upsal.)
    21
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30

    Jacques, quelle érudition, baragouiner, certes, mais quand même... et "les étudiants en lettres suédois... ", ça ne m'étonne pas, surtout quand on se rend compte immédiatement, après avoir fréquenté quelques heures seulement les Guadeloupéens, que ces gens-là ne parlent aucune langue correctement : jamais d'Anglais, mais ça, on s'en fiche, bien sûr, mais pas davantage le français. Seulement le créole...français. Je vais peut-être me faire des ennemis en disant qu'ils font partie des gens les plus incultes en français -puisque soi-disant Français- que j'aie jamais rencontrés. Car à part "chicoter" leurs femmes et leurs gosses... à de très rares exceptions, bien sûr... Que les gens qui ne sont pas d'accord avec moi, viennent me le dire, mais pas les touristes de passage, bien évidemment, car être touriste, ce n'est pas voyager... ça va de soi.

    22
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Mais  elle n'est plus une jeune et jolie jeune fille, bien que toujours Française...
    .                                     
    Moi, je ne suis plus un jeune et beau Franska... quoique...
    .                                                                                 
    23
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    C'est tout comme moi lorsque j'étais jeune et  que j'habitais à Bécon-les-Bruyères...
    .
    J'étais le seul BéconBruyèrois, demeurant au 5è. étage (sans ascenseur), à écrire de la poésie et faire des compétitions cyclistes...
    .
                                               .
    24
    tinou
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Allez Lastrega avoue. Tout le monde sait que tu es une sorcière capable de tout.
    Et pour ton histoire BRAVO !
    25
    ANNA
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Je suis pliée. Cette histoire est super. Mais avoue Suzanne, tu es bien sûre d'avoir appris le langage soutenu à ta Suédoise ?
    26
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Et voilà que la gentille ANNA s'y met aussi. Ecoute, Anna, je te conseille de lire l'explication que je viens de donner à propos de cette "sordide" affaire. C'est là, aua-dessus de ton commentaire.
    27
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Père noël, je viens de voir ton allusion au "Père Noël" sur son traîneau et dans les nuages... A bien y regarder, c'est vrai que la ressemblance est frappante...
    28
    Jérôme
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    C'est incroyable! Je n'ai jamais vu un forum assez riche. J'ai l'impression, Lastrega, que je suis à la l'Ile St Martin.Vous devez avoir un carnet de bord bien rempli pour nous donner toutes ces informations avec une précision de métronome.
    Nous sommes même prévenus d'éventuelles arnaques si l'envie nous prenait d'aller faire une incursion là-bas.
    Malgré cela, la tentation se montre assez forte pour qu'aux vacances prochaines, je sois tenté d'aller dans ce petit paradis. Le soleil qui nous est garanti y est sans doute pour quelque chose.
    Si le Pythagore est à quai, me sera t-il permis, de vous inviter à prendre un drink?
    29
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Je voulais dire "ésotérisme"... ha ! ha !
    30
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30

    Excusez mon soudain silence... encore un fâcheux contre-temps tandis que je partais me désaltérer... Non, non, je n'étais pas tombée dans le tonneau des Danaïdes. Me voici donc pour vous parler de St Martin en Guadeloupe. Petite précision d'abord quand je faisais allusion aux Guadeloupéens qui, et bien que de nationalité française, s'expriment pratiquement qu'en créole, je parlais des habitants de la Guadeloupe, vous savez, cet archipel composé de deux grandes îles en forme de papillon (vous aviez remarqué j'espère)... Donc, revenons à nos Saint-Martinois :
    La population résidente de cette petite île de plus de 55 ethnies (et pas 55% bien sûr), est composée de 60% d'étrangers et de 40% de Français.
    Parmi ces étrangers, les Haïtiens représentent la communauté la plus importante, suivis par les Antillais des îles "anglaises" et par les Dominicains. Les Guadeloupéens représentent environ 1/3 de ce regroupement.
    Le Saint-Martinois de souche se définit de deux façons. D'abord, il est Saint-Martinois parce que l'un de ses parents l'est. Ensuite, parce qu'il parle l'anglais de Saint-Martin. C'est ce qui le rapproche de ses voisins de la Caraïbe anglophone. Et aussi, il se sent minoritaire sur son propre territoire car environ 1 habitant seulement sur 4 est St Martinois.
    Les Guadeloupéens ont commencé à venir à Saint-Martin à partir des années 70, et en même temps que se développaient le tourisme et la construction des premiers hôtels. Ils ont en commun avec les Haïtiens (avec lesquels ils s'entendent super bien) de parler le créole, même si ce n'est pas tout à fait le même, au point de susciter parfois des incompréhensions. Mais ils ont en particulier le fait de ne jamais avoir été bien acceptés des Saint-Martinois du fait notamment que la Guadeloupe représentais la tutelle sur la "dépendance" que constituait Saint-Martin d'un point de vue politico-administratif. Je dis bien "représentais" et "constituait", car depuis quelques années le statut de St Martin a changé car elle a été rattachée à la Métropole.
    Les Français de Métropole, peu nombreux, sont venus à Saint-Martin en plusieurs vagues : d'abord l'arrivée de fonctionnaires, de commerçants et de quelques "aventuriers" dans les années 60-70. Dans les années 70-80, la venue plus massive de commerçants et promoteurs attirés par les affaires juteuses qu'il était possible de monter sur place, enfin, à partir de 1986, un afflux plus important lié aux avantages de la loi de la défiscalisation. Vis à vis des St Martinois de souche, les Français de Métropole font figure d'anciens colonisateurs et se définissent par leur degré d'arrogance : envahissants, opportunistes, disparaissant dès qu'ils ont fait fortune ou faillite et qui "se croient en France" ; ou au contraire de respect des hommes et des traditions existantes.
    Voilà pour situer les habitants de cette petite île. Je vous en dirai plus sur ce qui s'y passe tout à l'heure, et puisque je vois que ça vous passionne.

    31
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Tinou, je te remercie pour tes compliments, mais c'est pas gentil, pas gentil du tout de me suspecter ainsi. C'est vrai, je te l'accorde, les sorcières sont capables de beaucoup de choses (comme jeter des sorts aux méchants... et ça marche, tu peux m'en croire, alors fais...). Heureusement que Sami, Josiane et Yasmina sont là pour me soutenir car je sombrerais dans la plus grande des déprimes....(c'est pour de faux, hein, vos suspicions me font rigoler tout comme me font rigoler les réflexions de LamyJacques à propos de Becons-les-Bruyères et celles de la gentille Josiane). Et tiens, pour qu'on cesse de m'accabler et de me prêter de mauvaises intentions, je vais vous dire ceci :
    Un jour, la délicieuse Gwladys me demande ce que signifie un mot qu'elle entend souvent dans la rue et à tout bout de champ (le mot de Cambronne, pour ne pas le nommer). A savoir surtout en quelle occasion on l'employait. J' explique que ce mot est souvent utilisé quand on est en colère après soi, quand on est déçu, quand on méprise quelqu'un ou aussi pour souhaiter bonne chance, surtout quand quelqu'un part en voyage,mais je n'ai pas précisé que c'était un langage trivial.
    Elle a inversé les rôles le jour de son départ et sans doute que mon explication n'avait pas été assez claire, puisque c'était celui qui restait sur le quai qui devait souhaiter bonne chance à celui qui partait (pour ne pas que l'avion crash ou le train déraille). Donc, elle a peut-être cru nous faire plaisir en lançant cette interpellation. Je dois dire que ça nous a fait un drôle d'effet sur le coup, à la moussaillone et moi. Surtout après tous les efforts fournis pour lui apprendre "le beau français". Maintenant, nous en rions toutes les deux, bien sûr, mais on en reparle de temps en temps, et on évoque cette scène surtout.
    32
    Josiane
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Jérôme a raison. Suzanne nous relate fort bien son périple avec de nombreux et riches détails, qui font, que l'on attend avec plaisir et impatience les prochaines nouvelles de son journal de bord. De surcroît, elle a une fort belle plume.Je pense pouvoir en donner l'explication.

     La plume

    En naviguant sur les flots d'une mer infinie
    Les lames,sur son bateau, déferlant
    Suzanne a trouvé, perdue par un goéland
    Une plume inspirée, que sa main a saisie.
    33
    zelma
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Ta plume aussi Josiane est magnifique. Et Jacques raconte de la même manière que Suzanne les tensions imbéciles qui peuvent coexister entre les êtres.
    34
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Donc, comme je vous l'avais laissé entendre au début, l'île de Saint-Martin n'est pas un paradis. Certes, les plages très très nombreuses, sont toutes plus belles les unes que les autres, c'est vrai, et le touriste américain surtout, et italien, un peu allemand aussi, y trouve son compte. Les Américains y venaient (quand leur dollar était fort) uniquement pour acheter des produits de luxe qui valaient 100 fois moins cher que chez eux parce que détaxés : parfums, bijoux, cigarettes, alcools... et repartaient, leurs provisions faites.
    Il faut noter que cette détaxe ne concernait pas l'archipel de la Guadeloupe (le papillon) où il n'y avait aucune détaxe en essence, cigarettes, ni sur tous les produits cités au-dessus. D'où les gueguerres permanentes entre Guadeloupéens et St Martinois.
    J'emploie tout ça au passé car depuis le rattachement de St Martin à la Métropole, beaucoup de choses ont changé. Le Saint-Martinois qui n'avait jamais payé d'impôts sur le revenu commence à en payer depuis le nouveau statut, tout comme "les Babaths", les habitants de St Barthélémy, l'île des richissimes qui bénéficiait de la "défisque" aussi... Il faut voir les émeutes qui se sont produites à St Martin et St Barth quand les gens du fisc envoyés de la Métropole ont débarqué sur ces îles. On a vu des commerçants murer fenêtres et portes de leurs magasins pour leur en interdire l'entrée, et des manifs de toutes parts pour manifester et attaquer ces représentants des services fiscaux : bagarres dans les rues, incendies, lancers de pierres et bombes lacrymogènes, empoignades... de vraies émeutes.
    Et certes, c'était un paradis pour les stars du business. On pouvait rencontrer quand on faisait nos courses au super marché la fine équipe des inséparables : Stéphane Collaro, Jean-Jacques Debout (sans sa bécasine), Carlos et aussi une grosse huile de la politique que je ne veux pas nommer, mais que tout le monde connaît bien. Toute cette joyeuse équipe réside 6 mois de l'année sur le côté français de l'île, dans de somptueuses propriétés, tous groupés bien sûr, dans le plus bel endroit, très éloigné des agitations de la ville. Pas d'inquiétude, on côtoyait ces gens sans leur accorder la moindre importance... l'habitude de les voir...
    Le chanteur Antoine, lui, fait bande à part. Il n'est pas très apprécié (des gens de la mer notamment) pour beaucoup de raisons.
    Un psy de l'île, assez brillant, il faut bien le reconnaître, avait fait passer un jour un article dans le journal (gratuit) de St Martin, et avait surnommé cette île : "L'île aux enfants". Il expliquait que ce "miroir aux alouettes" était un vrai piège dans lequel la plupart des arrivants tombaient. Car le nouvel arrivé face à tous ces divertissements "tape à l'oeil", les animations tous les soirs dans les Marinas, les maisons de jeux (casinos côté hollandais), les filles faciles (nombreux "bordels" côté hollandais toujours), la drogue qu'on peut se procurer pour presque rien, puisque cet endroit est "la plaque tournante de la drogue" (racollage de la part des dealers dans la rue et aussi bien du côté français qu'hollandais, et à n'importe quelle heure de la journée, au vu et au su de tout le monde), bière et rhum blanc à gogo et pour presque rien et trafics possibles en tous genres. Seuls, les gens qui viennent à Saint-Martin et qui y travaillent en réchappent. D'ailleurs, les produits alimentaires y sont si chers -à cause du transport par avion- (sauf si on aime à manger des racines et produits locaux, bien sûr) qu'on est bien obligé de travailler pour s'en sortir. Ce qui fait que "le paresseux" sombre rapidement dans l'ennui et, pour se distraire il s'adonne au trafic de la drogue, en consomme, s'alcoolise à longueurs de journées pour tuer le temps etc. S'ensuit une déchéance... Dieu merci, ceux du Pythagore étaient largement occupés et, à part une petite "Carib" (bière tropicalisée) de temps en temps... rien d'autre. La drogue n'est pas passée par nous.
    Si vous voulez en savoir plus, il n'y a qu'à demander. Mais cette île nécessiterait au moins 100 épisodes à elle toute seule tellement il y a à raconter... Pourtant, je vous parlerai, à un autre moment de la journée si vous le voulez bien, du côté hollandais de l'île.
    35
    driss
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Un feuilleuton dans le feuilleton y'a pas a dire on ne s'ennuie pas ici. merci capitaine
    36
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Décidément : je ne risque pas d'aller à l'école primaire à St. Martin !
    .
    À l'École Primaire des Garçons de Bécon-les-Bruyères, on distribuait des "bonbons vitaminés" avant la récré, pendant la Guerre, au moins !
    .
                                              
    37
    Tom
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Ce que vous êtes drôle Monsieur Lamy. Je me marre comme un fou à lire vos posts. Et ce petit feuilleton est vraiment instructif et sympa
    38
    martine
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    La suite la suite !
    39
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    "la vis spéciale que vous ne trouverez pas"... parce qu'il ne faut pas charrier quand même...
    40
    Josiane
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Ma petite Suzanne, grande est mon envie, en te lisant,  de partir là-bas.
    Et si je dois prendre de la drogue, ce sera celle du soleil.Je ne pense pas qu'il y ait un interdit pour celle-ci.
    Le principal est de partir, loin de la grisaille des jours.
    Partir

    Il est parfois le désir de plier bagages
    D'une vie, qui, d'être, n'a plus de raison
    Pour aller, en quête d'un nouvel horizon
    Découvrir, ailleurs,d'autres rivages.
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      Commentaire :


    41
    Sébastien
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Une conférencière de grande qualité avec les galons de capitaine, l'humour de Jacques Lamy et des poètes qui nous présentent leurs vers... Voilà un délicieux Coctail à déguster au bar du Calipso. A la vôtre!
    42
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Avant de parler du côté hollandais, il faut savoir que l'île de Saint-Martin est un simple lieu de passage pour les Haïtiens, les Dominicains (de la Dominique française), les Dominiquais (de la Dominique anglaise), les Saint-Luciens, les Saint-Kitts, les Anguillais... tous visent les Etats-Unis, l'Eldorado pour eux. C'est pour cette raison qu'ils ne voient pas l'utilité de la langue française. Du reste, si vous leur posez la question, ils vous diront qu'ils ne savent pas du tout où situer la France. Du côté français de l'île, ce sont surtout les Libanais (toujours souriants mais les rois du commerce) qui tiennent les boutiques, où l'on trouve de tout (montres, baskets, vêtements, piles, télés, ordinateurs...),mais surtout des objets de contrefaçon des marques les plus prestigieuses (Lacoste...Cartier... ou Nike...). Ici, c'est le pays de la magouille, et des deux côtés de l'île. Ici, on truande les touristes de passage. Ici, c'est le piège à gogos.
    La suite un peu plus tard...
    43
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Ça me rappelle vraiment ma jeunesse à Bécon-les-Bruyères !
    .
    Yavait aussi le voisin du dessus, qu'était un tout nouveau co-propriétaire, qui ne pouvait s'entendre avec celui du dessous (qui n'était que locataire)  de l'appartement de mes parents (qui, eux, nétaient aussi que locataires mais payaient régulièrement leur loyer...) et pis yavait encore le voisin de palier à droite qui paraissait très bien s'entendre avec la voisine du même palier, mais à gauche, cette fois...
    .
    Tout comme aux Caraïbes, quoi !
    .
                                             
    44
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Non, pas comme aux Caraïbes, Jacques, car ces "haines" sont spécifiques à l'île de Saint-Martin. Mais l'exemple de Bécon-les-Bruyère, c'est un peu ça, c'est vrai. Oula, Josiane que te voilà impatiente, mais toujours joliment poètesse à ce que je vois...
    Bon, où en étais-je avec l'Administration côté français de l'île. Ah ! Oui, je disais donc que les gendarmes qui restaient à tout casser 4 mois dans l'île y venaient pour "buller" surtout et passaient en quelque sorte 4 mois de vacances payés aux frais de la Princesse...
    En milieu hospitalier, fut un temps où c'était un peu la honte car l'unique endroit où l'on pouvait se faire soigner était complètement délabré et les pauvres filles (et garçons) - qui y travaillaient (mais vraiment dévoués et sympas avec les malades, et ce, malgré leurs soucis : j'ai pû tester) ne chômaient pas croyez-moi (c'était bien les seuls à bosser sur cette île), manque de personnel, hygiène douteux, payés à coup de lance- pierre, patrons hum ! hum ! Beaucoup de "métros" surtout sont employés dans ce lieu de soin, mais aussi des Martiniquais, Guadeloupéens... Il y a quelques années, un nouvel hôpital a été créé, mais je sais qu'à ses débuts, les employés se crêpaient pas mal le chignon entre eux, les toubibs incompétents, plus occupés à faire de la politique et à leurs petites affaires perso....
    Mais le corps enseignant dans tout ça, me direz-vous ? Eh bien, je peux vous dire que ceux-là non plus ne volent pas leurs 40% de  vie chère. Dans les écoles maternelles et écoles primaires, on trouve surtout des Guadeloupéens et quelques Martiniquais en fonction. Dans les garderies, quelques Saint-Martinois. Dans les collèges et Lycées, on trouve surtout des Métropolitains. Le principal est surtout Métropolitain, sauf dans les collèges ou lycées privés où il est Guadeloupéen le plus souvent. Je voulais vous dire surtout que les pauvres enseignants (impossible de les qualifier autrement) sont assez mal barrés. Car à St Martin, c'est dans la rue que tout se joue. J'entends par là que l'école n'est pas une référence. Les élèves parlent un français très très approximatif (sauf les gosses de Métros) et hors de l'école, tout est fini. Il n'y a pas de réinvestissement. De plus, les enseignants sont confrontés à une agressivité permanente importante, due à la coexistance de cultures différentes, et au quotidien, les nombreux actes d'incivilité et la montée de la violence verbale et physique entre les élèves et les enseignants fait que ces derniers ne peuvent travailler correctement. De plus, le nombre de plus en plus croissant des familles éclatées, monoparentales, la non-implication des parents qui ne voient pas la finalité de l'école, le manque de moyens, la pauvreté culturelle, les nombreux primos-arrivants (de moins en moins quand même à présent), font qu'il ne fait pas bon enseigner, même avec 40% en plus sur le salaire, dans cet endroit (c'est pour cette raison qu'il y a toujours des places à prendre : avis aux amateurs). Sans compter qu'on est obligé de fouiller les élèves avant leur entrée en cours, car ils sont tous armés (poings américains, couteaux (les filles surtout), armes de toute sorte... Sans compter que de nombreux dealers attendent les gosses à la sortie... Bon, ce n'est pas faute de vous avoir prévenus...
    Je reviens dans pas longtemps...
    45
    Phil
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30

    Hola! mes amis.Jérôme et Josiane veulent partir à St Martin et saint Marteen...J'espère que cela ne se traduira pas par un départ massif. Cela m'ennuierait au mois d'août (je travaille) de parler dans le désert sur Calipso.
    Suzanne, sois gentille de réguler ces départs de vacances.Mets ta casquette de capitaine et fais preuve d'autorité avec une main de fer dans un gant de velours. Je te fais confiance.

    46
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Excusez-moi encore pour cette grosse coupure, mais la moussaillonne, la Carole de l'histoire, accapare une grosse partie de mes journées -mes nuits surtout- en ce moment. Je commence à entrevoir la petite lueur blanche... Cette enfant (qui a bien grandi), finira par me rendre folle. Mais quand on aime, n'est-ce pas ?...
    Jérôme, un nouveau gentleman ? j'accepterais bien volontiers de trinquer avec vous mais le Pythagore se trouve en ce moment dans... les glaces. Il me donne de ses nouvelles de temps en temps...
    Mais revenons du côté français de l'île de Saint-Martin puisque je vous sens impatients d'en savoir plus. Je disais donc que les Libanais étaient spécialisés dans la tenue des grands bazars "où l'on trouve de tout", mais à des prix quand même pas trop élevés, vu la qualité de la marchandise, et sur laquelle ils doivent faire au moins du 500% de bénef... quand même. C'est dans ces bazars (très nombreux) que le St Martinois ou le résident ordinaire fait ses courses habituellement. Les belles boutiques de l'Avenue de Gaulle (face à la Marina Royale) sont, quant à elles, tenues par des Français (parfumeries, vêtements de luxe (soi-disant, parce que des fois, y'a que l'étiquette à changer), belles bijouteries, épicerie fine, spiritueux....). Ca, c'est pour les touristes -les Américains surtout- pleins aux as, que les charters déversent tous les jours et à toute heure et qui viennent uniquement pour se ravitailler (et parfois revendre chez eux), une ou deux fois par mois. Leurs achats terminés, direction l'aéroport...Ca c'était quand le dollar (et le mark) se portaient bien....
    Tiens, je vais vous parler un peu de l'Administration (toujours côté français, parce que de l'autre côté, c'est à se rouler par terre) de Saint-Martin. Rien à voir avec l'Administration anglaise. Ici, c'est cool, cool. On est toujours bien reçu (encore plus si on se recommande d'un tel ou d'un tel). La direction de ces administrations (qu'elles soient EDF/TELECOM/COLLEGES/LYCEES/POSTE...) est représentée par des Français de Métropole, "des Blancs" pour plus de précision.  Par contre, ce sont des Guadeloupéens surtout qui y sont employés, enfin, je veux dire qui occupent les petits postes, surtout, et à quelques exceptions près. Ce qui crée des tensions avec les Saint-Martinois de souche qui jalousent les Guadeloupéens et se plaignent qu'ils qu'ils viennent manger leur pain. Il faut dire quand même que malgré leur inculture manifeste, certains Guadeloupéens ont fait quelques études (ils ont quand même des ingénieurs... mais pas trop quand même... Je vais me faire tuer, moi, s'il y a un Guadeloupéen dans le café. Pitié Patrick ! Mais c'est dit...)... mais quoi qu'il en soit, et malgré ce niveau assez moyen de culture, les Guadeloupéens dépassent largement les St Martinois qui, eux ne sont jamais allés à l'école. Leurs enfants y vont, mais comme dans les foyers on ne parle pas un mot de français ni de vrai anglais, le résultat est désastreux. Et puis, pour ce qui est des études, les jeunes St Martinois.. Pioufff ! Bon, je disais donc qu'on était malgré tout, toujours bien reçu dans n'importe quelle administration, tout le monde est cool cool. Ici, l'employé est surtout omnubilé par sa montre, l'heure du ti punch... Le pire, c'est qu'on peut obtenir tout ce qu'on veut, on ne vous casse pas les pieds avec des tonnes de papiers d'identité, on vous accorde ci ou ça sans méfiance, bref, tout le monde s'en fout. Il faut dire que les gens envoyés de la Métropole ont les 40% vie chère en plus tous les mois sur leur salaire. Et la gendarmerie me direz-vous (parce que ce sont les gendarmes qui font régner... quoi ? ma foi, je serais bien incapable de vous le dire...). Je sais surtout qu'ils "tournent", j'entends par là qu'ils viennent pour 4 mois environ sur l'île et après, de nouveaux escadrons viennent remplacer ceux-ci pour repartir à nouveau en Métropole. Tous des "Blancs", bien sûr. Quand on les appelle au secours, ils ne se déplacent pas, bien entendu, mais on peut les voir, en voitures, gyrophares à fond la caisse, un peu avant midi et l'heure du... quoi ? ti punch. Et s'il y a un gendarme au café pour dire le contraire, je lui fais ravaler son képi... et qu'il fasse gaffe quand même, parce qu'il y a un gendarme hautement gradé dans ma famille (et qui m'adore malgré tout ce que je balance)... eh ! oui, dès fois, certains tournent mal....
    A part ça, les administrations comme la Mairie, la bibliothèque (Ah ! la bibliothèque, un pote à moi le dirlo).... sont représentées par des...gens du coin. Monsieur le Maire (en place depuis... oulala, une bonne trentaine au moins... d'années) est un békè de St Pierre de la Martinique (pour ceux qui ne savent pas, je vous expliquerai (si vous êtes curieux, bien sûr, parce que je ne peux quand même pas vous forcer). Toute sa famille est "placée" à la Sous-Préfecture, "les Services Fiscaux", tient des sociétés de transport, ou sont chauffeurs de taxis. Mais ne dites pas du mal de Monsieur le Maire, il est déjà assez détesté comme ça par... par qui ? Les Métropolitains. Et puis, Monsieur le Maire, c'est un pote à moi aussi, parce que j'ai été appelée à travailler dans sa famille (je donnais des cours de comptabilité et maths fi...à ses neveux et nièces).. sans compter qu'il me payait royalement et que c'est encore chez lui que j'ai été le mieux traitée... Et le dirlo de "la bibli" est un St Martinois pure souche d'une très grande culture... comme quoi, les miracles ça arrive. C'est vrai que sa mère tenait une boutique d'isotérisme (et que je ne sais plus écrire ce nom). Bon, les employés, presqu'uniquement des femmes sont des St Martinois. Alors là, pour ce qui est de la culture.... à mourir de... honte. Mais mon ami le dirlo m'a avoué un jour qu'il était obligé de les employer dans sa bibli, sans quoi...
    Bon, je vais aller faire quelques courses avant que ça ferme et vu que je n'ai plus rien à manger dans mon frigo. La faute à qui tout ça ? La moussaillonne qui me taraude jour et nuit en ce moment... par téléphone et par mails... Et après, je vous parlerai de l'Administration enseignante de l'île... c'est pas des petits gâtés, croyez-moi.... et aussi de l'hôpital... Et après ça, on passera côté hollandais.... En attendant :"bon appétit ! mes amis" (enfin ce qu'il en restera... parce qu'avec tout ce que j'ai balancé.. mais dans la vie, faut oser... c'est ça la liberté !".
    47
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Oui, Driss, Tom et Martine, voici encore quelques lignes. Mais je n'en terminerai pas avec "le côté français" de l'île, sans avoir fait allusion à tous les escrocs de la médecine. Je nommerai les pseudo-kinés (Blancs ou Noirs ou Jaunes ou...) qui vous estropient au-lieu de vous réparer (j'ai testé aussi pour vous), ceux qui s'improvisent médecins (sans diplômes), avec pignon sur rue et qui disparaissent du jour au lendemain (au bout d'un an souvent) en emportant leur plaque, les dentistes jamais inscrits au Conseil de l'Ordre, les psychoMachinchoses qui psychanalysent, sous le signe du Dalaï-Lama et autres délires, les gogos de passage, et les opportunistes de tout poil qui profitent de la misère humaine....les grands Marabous qui vous prédisent monts et merveilles contre des fortunes... Et comment cela est-il possible me direz-vous ? Eh bien, m'avait-on expliqué, parce que pendant longtemps, quand ces crapules de la médecine arrivaient à St Martin, on ne leur demandait pas de passer par la Sous-Préfecture pour avoir la permission de s'installer... tout simplement. Mais à mon avis, les choses ont bien changé depuis... Voilà, je vais m'arrêter là pour le côté français de l'île, parce que j'aurais des milliers de choses à vous dire et nous allons passer enfin sur la partie hollandaise de l'île.....
    Ah ! Le côté hollandais, c'est quelque chose aussi. A l'époque où nous nous y trouvions, cette partie de l'île était un vrai dépotoir, rien à voir avec le côté français qui est "le beau côté". Plages sales, rues sales... maisons et gens misérables pour la plupart, mais jusqu'à l'aéroport, parce passée cette limite, on trouve des terrains de golfs fort bien entretenus (forcément), de belles demeures, des hôtels luxueux, des casinos. Le luxe côtoie la misère sans scrupules. Ici, on parle une espèce de créole hollandais, très peu de Métropolitains mais quelques-uns quand même parce cette partie de l'île est beaucoup moins chère que de l'autre côté. Ici, ceux du côté français viennent faire leurs courses (alimentation surtout) dans les hypermarchés genre gros "Leader Price", parce que tout y est beaucoup moins cher. Mais bien sûr, ça n'a pas la même qualité que de l'autre côté. Ici, on peut trouver "le mouton à 5 pattes", la vis spéciale pour votre bateau que vous ne trouverai pas du côté français, la prise de quai spéciale pour vous brancher, la pièce qui vient de casser de votre machine à coudre...
    La suite plus tard... le devoir m'appelle encore. Mais en attendant, excusez mes fautes si vous en trouvez, pas le temps de me relire... c'est du direct.
    48
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Je n'irai jamais dans la partie Hollandaise de l'île, moi !
    .
    Pourquoi ?
    .
    Pourquoi : parce que je n'ai pas besoin, c'est tout !  ...n'ayant pas de machine à coudre...
    .
    Vous me direz qu'à Bécon-les-Bruyères, je n'avais pas non plus de machine à coudre et j'y demeurais bien quand même.  Je répondrai alors, oui, mais je ne cherchais pas de pièce détachée pour la machine à coudre que je ne possèdais pas... NA !
    .
    C'est dur, faut tout texpliquer rici !
    .
    .
                                                                   
    49
    Lastrega
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30

    LamyJacques, cessez donc de vous moquer de moi (quoique... je préfère vous voir ainsi), c'est très sérieux tout ce que je raconte là  ! T'es gentil Sébastien, mais c'est vrai que le café est délicieux "chez Calipso". Josiane et Jérôme attendez un peu de lire la suite avant de prendre vos billets pour cet endroit de perdition qu'est cette île. Phil, ne t'inquiète pas, je saurai réfréner leurs envies... Il y a des endroits beaucoup mieux que ça et avec autant de soleil et de bien meilleure qualité. Parce qu'à St Martin, ça tape dur, et ça ramollit le cerveau...
    Bon, je disais donc que du "côté hollandais", c'était un vrai dépotoir. Et pourquoi ? La raison en est simple, la reine Juliana leur avait coupé les vivres. Mais d'après ce que j'en ai entendu dire il n'y a pas si longtemps, les choses auraient changé (depuis sa mort, sans doute), et ce côté-ci serait presque mieux que le côté français. Les plages seraient aménagées, nettoyées régulièrement, la plupart des hôtels qui avaient fermé ont été restaurés, si bien que les touristes qui débarquent de l'aéroport qui est situé côté hollandais (un grand atout pour eux) ne prennent plus la peine d'aller côté français pour faire leurs achats, vu que de côté-ci, c'est moins cher (surtout les hôtels). Et puis aussi, c'est du côté hollandais que se trouvent tous les grands chantiers de bateaux, les grands ships (grands magasins d'accastillage). Par contre peu de magasins ont des vitrines...
    Ici, c'est l'empire du jeux. Toutes les nuits, ça joue, ça claque du fric. Dans ce domaine là, les Américains sont des accros des machines à sous surtout. Il y a un casino tous les 10 mètres. La première fois que j'y suis allée, j'ai mis 25 cents (de dollar américain) dans une machine à sous et il m'est tombé 100 pièces d'un coup. J'ai tout rejoué et je n'ai plus jamais rien gagné.
    Bon, demain, je vous raconterai encore un ou deux trucs sur ce côté hollandais de l'île de Saint-Martin, mais en attendant : dodo et bonne nuit à tous.   

    50
    LAMY Jacques
    Samedi 23 Août 2014 à 18:30
    Cette fois ma valise est pleine
    D'inutilité, de savoir :
    Je tasse, au fond, rires et peines
    Tenus cachés par le rasoir...
    ......
    Il doit me manquer quelque chose
    Tant indispensable au long cours :
    Derait-ce une pensée en rose ?
    Ou bien un billlet...  sans retour ?
    .
    JL
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