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    En créant la collection de poche " La maîtresse en maillot de bain " l’éditeur Jean-Jacques Reboux s’est embarqué dans une aventure où les petits bonheurs et grands malheurs de l’enfance sont revisités par une pléiade d’auteurs. A chacun l’art et la manière de livrer le fruit du souvenir fondateur avec toute la démesure, tous les frasques et errements, tous les secrets réels ou imaginaires qui lui sont accolés.

    Avec Les gros seins de la petite juive, Jean-Pierre Andrevon, nous entraîne à Grenoble pendant l’occupation allemande. Il a treize ans alors et mène somme toute une petite vie tranquille. Son environnement se limite à l’appartement familial, la place Victor-Hugo en bas et le lycée Champollion en face. Il a les jeux et les occupations d’un jeune qui tarde à entrer dans l’adolescence. Il n’a pas vraiment d’amis, fréquente à l’occasion le fils de la concierge et ne prête aucune attention à la sœur de celui-ci. De cette époque, l’auteur fait mine de n’avoir que des souvenirs confus ou sujets à caution. Sa mémoire pourtant se focalise sur l’expression ces gens-là utilisée communément par ses parents pour désigner les personnes dont il faut se garder. Et c’est à partir de cette injonction familiale que la question juive fera irruption, le laissant d’abord impassible, puis embarrassé et enfin ébranlé au plus haut point. Car les concierges sont ces gens-là et la fille vient lui demander de n’en rien dire. Elle usera pour cela d’un argument tout à fait irrésistible. Puis disparaîtra avec toute sa famille.

    Quand je pense à la petite juive, je pense à ses seins. Ses gros seins. C’est ce que je revois à travers les yeux de la mémoire : les gros seins de la petite juive. Elle avait… je ne sais pas. Quinze ans, peut-être seize. Ou tout aussi bien quatorze. Les filles, les seins leur poussent vite.

    Pour Andrevon, les larmes ont commencé à couler peu après cette entrée dans la vie. Déesse ou fantôme, la petite juive habite encore l’auteur plus de cinquante ans après.

     

    Les gros seins de la petite juive de Jean-Pierre Andrevon, collection la maîtresse en maillot de bain aux éditions Après la Lune, 58 pages, 6€.

     


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    Le mondial de football achevé, c’est au tour du vélo de mener la danse médiatique. Pour ne pas être en reste et garder à l’esprit quelque chose du côté de la forme littéraire, je vous propose de mettre un pied à l’étrier et d'aller à la (re)découverte du " 325000 francs " de Roger Vailland. Roman publié en 1955 à une époque où les courses de vélo étaient le plus souvent le fait d’ouvriers en quête d’une place bonifiée au sein de l’usine.

    Voilà donc l’histoire d’un homme qui pédale dur, qui courtise une femme libre avec sobriété et application, qui travaille comme un forcené et réfléchit à sa condition d’ouvrier avec l’ambition d’en sortir et de maîtriser par tous les bouts son destin. Rationaliste et volontaire, il s’engage à fond, convaincu d’être l’élu : au bout de la course, auprès de la femme aimée et dans le monde des affaires. Les revers ne sont que des accidents de parcours et les obstacles des défis à relever. On aurait envie que la chance lui vienne ou qu’une main opportune lui soit tendue mais l’homme se révèle bien trop obtus pour comprendre les mécanismes de production et trop idéaliste pour percevoir les contradictions de l’espèce humaine. Il n’empêche, le roman est du côté de la vie avec son lot d’ivresses et de tendresses, de promesses et de querelles, de mensonges et d’injustices. Les personnages ne sont pas que le fruit d’une imagination réaliste, ils sont le reflet de ce que l’auteur appelait le " bien parler " à savoir bien parler de ce que l’on connaît. C’est peut-être pour cela que ses personnages nous semblent si familiers tant dans leur naïveté que dans leur complexité.

    Ecrit à l’époque de son engagement communiste, le roman de Roger Vailland peut se lire comme une métaphore des luttes sociales de l’après guerre. Le combat individuel, aussi valeureux soit-il, ne serait qu’une illusion entretenue par le pouvoir dominant. Jusqu’à ce que Vailland, témoin de l’écrasement de l’insurrection hongroise par les troupes soviétiques, ne rende sa carte, abusé à son tour par l’illusion collectiviste.

     

    325000 francs de Roger VAILLAND aux éditions Buchet Chastel, 198 pages, 15€


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    Peut-on dire seulement d’un texte qu’il est remarquable, ou poignant, ou violemment émouvant dès lors où ne sont évoqués que la détresse infinie et la perte de tout lien, où les mots sont ceux de la fin, de l’ultime trait d’union entre la vie et le vide ?

    Le texte a été envoyé à un éditeur par une jeune fille de 16 ans quelques jours, (quelques heures ?) avant un passage à l’acte dont elle n’est pas revenue. Ces quelques pages nous rappellent qu’il faut écouter, apprendre à écouter, sans juger, sans gesticuler, sans intrusion intempestive, sans faire de commentaires (comment faire taire ?), apprendre à entendre ce qui n’est pas dit, ce qui n’est pas adressé, apprendre à entendre les cris qui restent étouffés, les blessures rentrées, les paroles évanouies dans le tumulte des solitudes.

    j’avais écrit sur un cahier

    elle ne meurt pas elle ne devient pas folle,

    elle souffre

    ils ont eu peur

    Il n’y a pas de titre et l’auteur restera peut-être à jamais anonyme (elle termine par un prénom, guersande) avant de partir, en sont les premiers mots, ce sont ceux choisis par l’éditeur pour le présenter et faire ainsi que le texte existe, qu’il soit référencé, que l’auteur ait malgré tout une place et un espace, au-delà de l’abîme qui l’habitait.

     

    guersande, avant de partir, aux éditions Le Grand Souffle


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    En ces temps de suprématie du football sur toutes autres formes d'activités humaines, il m’est venu à l’esprit qu’un petit contre pied serait bienvenue avec la (re)découverte du livre de Philippe DUBATH : " Zidane et moi " sous titré : Lettre d’un footballeur à sa femme.

    " Nanon, ce soir, j’ai envie de te parler de lui, de te dire pourquoi je l’aime. " Le coup d’envoi est donné. Philippe Dubath est parti pour une longue déclaration d’amour où le jeu apparaît comme le point de départ de tous les apprentissages de la vie. Le jeu aide à construire, à rencontrer, à rêver. Sur le terrain, " Il faut voir comment naissent les sourires, les rires, les exigences, les reproches ". Joueurs et spectateurs sont pris dans une succession d’épreuves, d’engagements, d’espoirs… L’auteur y aborde son enfance, la main dans celle du père pour aller au premier match, les mauvaises rencontres à un âge où l’on croit en l’harmonie du monde, la marginalisation, le glissement dans la solitude et l’agressivité puis la lente reconstruction dans la fraternité des jeux de ballons. " Nanon, tu le devines, tu le vois bien, c’est au football que mes angoisses s’estompaient. "

    Pour le joueur l’autre est essentiel. Il permet d’exister, de donner, de recevoir, d’être différent, de vaincre la peur, de surmonter les " choses envahissantes et douloureuses ". Joueurs et spectateurs cultivent un même entrain pour la rigueur et l’extravagance. Le une-deux permet toutes les inventions, à commencer par celle d’aller au bout du monde avec son comparse. L’insensé, l’inattendu, l’effet de surprise sont autant d’occasions de goûter au plaisir. Les uns se gorgent de douces embrassades et de viriles étreintes quand les autres se chauffent aux commentaires, aux apostrophes, aux hourras. Certains restent parfois sans voix ou ferment les yeux mais les larmes font tant de bien quand la jouissance les gagne tous : " Tu entends tous ces cris qui montent, qui gonflent ensemble pour faire une seule voix, on dit que c’est une clameur."

    A n’en pas douter l’homme est amoureux. Du ballon, de sa compagne, de la vie…

     

    Zidane et moi, de Philippe DUBATH aux éditions de l’Aire (Suisse), 85 pages, 8€

     


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    Il y a quelques jours de cela, Stéphane Laurent encourageait sur son blog la lecture de la revue " Les Saisons d’Alsace " à laquelle il collabore. J’étais par là-bas la semaine passée, dans un petit village où se tient depuis trente ans un festival de cinéma sur la psychiatrie. Festival qui sent l’usure et la fin d’époque, un peu à l’image de ce village où la vie semble s’évanouir inexorablement. Bref, pas de quoi pavoiser. Autre forme de découverte de contrées méconnues, " les saisons " ont habité un séjour qui aurait pu tourner court.

    A lire ce numéro 31 consacré à l’invitation au voyage, on retient tout d’abord cette idée d’immortalité que tout voyageur aurait au fond envie de revendiquer et de colporter : être un autre, ailleurs, dans un temps différent.

    Le voyage comme renaissance au monde en quelque sorte, comme une belle échappée, un désir impérieux d’être hors de soi.

    Etonnants voyageurs que ces écrivains qui font leur numéro à chaque page, ces saltimbanques des faubourgs et des tropiques qui ont dans leur sac bien plus qu’un petit tour d’horizon à proposer. Une sorte de vertige vous prend quand un nomade de la nuit vous invite à scruter les scintillements du monde, quand un passeur de gué vous convainc d’aller prendre des couleurs entre les ombres, de mettre son œil de côté pour goûter simplement aux frissons de la rencontre.

    Et puis on revient sur terre, d’un côté ou de l’autre de ce miroir qui nous relie à tous les mondes réels et qui nous y perd tout à la fois. Car aux mots de l’émerveillement succèdent les maux de l’humanité et l’invite au voyage n’est plus affaire d’exotisme, elle devient une manière d’entendre ce désir de naître à la vie qui assaille jours après jours hommes, femmes et enfants de tous les paysages de la planète.

    Les aventuriers de l’imaginaire sont les premiers à sortir des sentiers battus en ne se rendant finalement jamais nulle part. Plutôt fugueurs que visiteurs, plutôt promeneurs que baroudeurs, ils sont en fait partout, à commencer par le coin de la rue. Car au bout du monde nouveau n’apparaît finalement qu’un enchevêtrement de ressemblances que le voyageur chevronné se plait à décrire comme fortuites. Et c’est pourtant bien souvent de cet inédit là, si amoureusement protégé, que se créent les contes et légendes du globe-trotter.

    Aujourd'hui, la mobilité permanente, le nomadisme urbain, l’accélération du temps, le renouvellement incessant de l’image ne supposent aucune pause dans l’accomplissement d’une vie. Bref passage au travers un brouillard, le voyage moderne ne génère plus que quelques brassées de souvenirs convenus. Toujours en attente d’un nouveau départ, la mémoire devient vite oublieuse. La contemplation d’un dépliant touristique nous rappelle l’exigence nomadismique : court et sur mesure. Vous n’en avez plus pour longtemps, vous n’en aurez pas pour longtemps !

     

    C’est la fin du jour au village : un bistrot, quelques tables avec parasols oasis, deux femmes échangent leurs impressions après une projection ... "C’est bizarre comme le monde est en train de changer …"

     

    Les Saisons d’Alsace 31, l’invitation au voyage, 128 pages, 7,5 €


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    A l’automne dernier, Falaises, d’Olivier Adam, rayonnait en librairie. La critique s’en était mêlée ; enthousiastes, septiques ou blasés, les articles en faisait un des romans incontournables de la rentrée littéraire, figurant même dans la liste des nominations pour le Goncourt.

    C’est le printemps aujourd’hui, et depuis longtemps déjà le livre est oublié, enseveli sous des centaines - des milliers – d’ouvrages que le marché insatiable de l’édition nous donne à dévorer.

    Et pourtant, comme pour beaucoup d’œuvres conçues dans la douleur, il est nécessaire de s’y replonger encore et encore, de le proposer à la lecture, de l’offrir un jour de mai ou un soir d’hiver, histoire de se dire que le passé dure autant que l’avenir. Car Falaises pose la question de la survivance à la perte brutale du lien à l’autre et du nécessaire travail de reconquête du désir. L’auteur navigue dans les dédales d’un passé fait de souffrances et de renoncements pour mieux recouvrer un présent qui lui échappe. Il déborde d’une envie farouche de comprendre ce qu’il en est de sa tragédie tout en invitant le lecteur à partager avec lui cette impérieuse nécessité pour l’homme d’appartenir au monde, totalement.

    " Ici la nuit est profonde et noire comme le monde. De l’autre côté des baies vitrées, séparée du dehors et des falaises, protégée du bruit de la mer et de la compagnie des oiseaux, Claire dort et qui sait où nous allons. "

     

    Falaises, roman d’Olivier ADAM, aux éditions de l’Olivier, septembre 2005

     


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    Toute humanité mise à part

    12 nouvelles d’Emmanuelle URIEN

     

    Emmanuelle Urien n’est pas une inconnue dans le monde de la nouvelle contemporaine. La centaine de prix remportée dans de multiples concours, les deux recueils publiés presque simultanément en font une auteure incontournable. Le genre est noir, intimement noir. Quelle que soit l’histoire contée, le lecteur est sous tension, pris dans une sorte de chausse-trappe capitonnée, captif d’une écriture à la fois vive et mordante, épurée et inventive. On imagine aisément le grincement de la plume sur le papier ou le cliquetis obstiné du clavier. On perçoit l’exigence narrative et le désir d’être dans le bonheur des mots. L’étourdissement est fréquent, et c’est tantôt grisé, tantôt abasourdi que l’on aborde un nouveau récit. Car Emmanuelle Urien ne se contente pas de nous entraîner dans un monde où la cruauté de l’homme est omniprésente, ses personnages nous renvoient à la part d’inhumanité qui sommeille en chacun de nous. Elle nous fait goûter de très près à cette sensibilité qui fait fleurir la peau. On ne prend pas facilement la tangente après le mot de la fin. On aimerait voir nos pensées se perdre dans le lointain, là où finit le monde. On aimerait se relâcher, s’affranchir de ce foisonnement d’émotions. Et puis, on se dit que l’émoi est la substance même du lien social et qu’il nous faut donc continuer à faire émerger les mots de la vie, aussi féroces soient-ils. Dans " Court, noir, sans sucre " Emmanuelle Urien s’attachait à nous faire éprouver la mort sous toutes les coutures pour nous demander finalement d’étreindre autrement le vivant. Dans ce second recueil, elle y revient par le biais de la question de la perte : perte d’un enfant, perte de la liberté, de la dignité, de la jeunesse, perte de l’identité, des repères… Ces questions la taraudent c’est sûr, mais elle nous dit aussi que la séparation, le manque, l’absence ne sont pas forcément des épreuves obligées que l’on doit traverser en tête-à-tête avec soi-même. Elle sait tendre in extremis la main aux multiples éclopés et estropiés qui peuplent ses nouvelles, soulageant par là le lecteur d’un trop plein d'amertume et d’un désarroi qui pourrait pour le coup friser le désespoir.

     

    Publié en février 2006 par les Editions Quadrature (Belgique), 112 pages, 15 €.

     


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  • Certes, Stéphane Laurent n’est qu’un voisin de blog, mais on trouve toujours plaisir à lui rendre visite. Voilà quelqu’un qui vous propose tout simplement d’arpenter en long et en large les sentiers de la vie, qui fait exprès de vous faire rire et qui est assez élégant pour vous faire entendre ce qui n’est pas drôle. Il a toujours un projet sur le feu, une idée qui vient défier les lois de la gravité, un complice haut en couleurs à vous présenter ou tout simplement une bonne nouvelle à partager ; bref toutes sortes de choses qui font que ça gargouille dans les ventres et que ça résonne dans les têtes.

    Alors, même s’il est très tard et que vous êtes sur le chemin du retour, prenez le temps de passer chez Stéphane Laurent et de vous emparer de quelques unes de ses feuilles. Vous fermerez les yeux après.

     

     

    Le bûcher des variétés est une nouvelle écrite pour un recueil collectif dont l'éditeur a bu la tasse juste avant la parution. Ce blog me permet de lui donner l'occasion de trouver enfin quelques lecteurs... " SL.

    le site est référencé ci-contre.


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    La retraite … ça marche !

    par Marie-Thérèse JACQUET

     

    " En 1999, Bernard Ollivier – 62 ans sonnés – est parti d’Istanbul, sac au dos, avec la ferme intention de gagner à pied, Xi Ang en Chine : 12000 kilomètres au long de la légendaire Route de la Soie ".

    Ainsi est présenté en quatrième de couverture l’exploit de ce Normand, journaliste à la retraite. Homme pudique, (allusion très brève à un récent veuvage, Bernard Ollivier nous fait partager avec un humour d’une impudeur bien contrôlée, les réactions de son organisme lorsqu’il affronte les rigueurs climatiques, les conditions extrêmes des déserts ou des tunnels routiers, véritables chambres à gaz pour le piéton contraint de les emprunter. La turista le jette dans les fossés, les amibes mettent fin au premier tronçon de sa randonnée à la frontière de l’Iran.

    Il brave les serpents, les scorpions, la vodka que certains de ses hôtes avalent par bouteilles entières dans les régions autrefois sous gouverne de l’URSS. La soif (il boit douze litres d’eau par jour sans pisser par cinquante cinq degrés dans l’affreux désert du Karakum), les voleurs (de faux ou de vrais policiers), des mollahs proxénètes, la crasse de certaines gargotes, le gaspillage de l’eau dans les régions où elle est si précieuse mais où les plombiers ne connaissent rien à la plomberie. Il s’en indigne parfois et puis il en rit : il s’adapte. Sueur amalgamée en croûte avec le sable et la poussière lui confectionne une carapace qui le rend méconnaissable. Alors bonheur de la douche ou du bain dans une rivière limoneuse !

    Et puis quand la peur tombe, quand les amitiés se nouent sous une treille, dans un modeste logis, quand la communication s’établit avec les jeunes, les paysans, les chauffeurs de poids lourds, les artisans, quand se lève le soleil sur la désolation des sables, Bernard Ollivier nous conte le bonheur d’être homme parmi ses semblables sur ce continent qui connaît depuis toujours la violence des hommes et de la nature mais aussi la beauté des femmes et des roses.

    Ce grand marcheur déchiffre pas à pas l’histoire de pays que le temps n’a pas ménagés. Et sincèrement affirme les valeurs de que l’Occident mais bafoue trop souvent. L’hypocrisie de certains responsables qu’ils soient religieux, politiques ou policiers est un travers de tous les temps, de tous les pays, la terreur, un mode de gouvernement particulièrement sensible en Iran où les boîtes de dénonciation sont plus grosses que celles destinées au courrier.

    Une lecture qui donne du nerf aux jambes.

     

    Aux éditions Phébus : " La longue marche "

     :

    de Bernard Ollivier en trois volumes :

    " Anatolie ", " vers Samarcande ", " Le vent des steppes "

     


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    " Court, noir, sans sucre "

    rassemble treize nouvelles d’Emmanuelle URIEN.

     

    Euthanasie, couperets, disparitions, enfermements, mutilations, absences, impasses, sont au menu de ces histoires de révoltes et de renoncements écrites sur le fil du rasoir.

    Treize nouvelles à la fois simples et brutales. Treize nouvelles qui ont le goût de l’amertume, de la colère et du défi. Treize nouvelles qui laissent le lecteur pantelant : bouleversé, subjugué, assombri, on ne sait plus trop à la fin. On aurait parfois besoin d’un petit sucre pour accompagner le noir mais ce ne serait qu’espérer rejeter loin de soi cette cruauté, ce désespoir ou ces égarements qui animent les personnages. Hommes, femmes ou enfants sont tous de fieffés obstinés, captifs de la vie et défiant la mort sans répit. Une mort toujours présente, tapie dans l’intimité de notre être, à l’affût d’une âme à prendre. On est tenu en haleine jusqu’à la chute finale qui finalement ne nous surprend guère tant l’auteure sait parfaitement ajuster ses engrenages et nous préparer ainsi au renoncement de toute illusion.

    A lire sous un rayon de soleil.

     

    Publié en décembre 2005 par les éditions L’être minuscule, 118 pages, 11 €.

     


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