• A propos de : Je n'oublie pas...

    A propos de : Je n'oublie pas...

     

     

     

     

    Ce livre est né de mon désarroi et de ma honte devant le traitement que la France réserve aux demandeurs d’asile et aux migrants. Il ne se passe pas un jour sans que les associations tels que la Cimade, l’Auberge des Migrants ou Médecins du Monde, pour n’en citer que quelques-unes, nous informent des « indélicatesses » commises par les forces de l’ordre : couvertures confisquées, tentes et campements détruits, eau et vivres gazés, mineurs isolés reconduits à la frontière, au mépris des lois et de leur sécurité, etc.

    À ces exactions qui salissent notre pays et alourdissent le fardeau des exilés, s’ajoutent des discours de haine et de défiance, des propos qui dégradent d’abord ceux qui les tiennent. Encore et toujours les mêmes rengaines abjectes qui détournent sur les pauvres et les étrangers la vindicte grandissante face aux injustices sociales. Encore et toujours le même aveuglement qui fait prendre les conséquences pour des causes.  Mais quel type de société voulons-nous ?

    Au matin du 1er janvier 2018, lasse de recevoir des vœux arrosés au sirop de la banalité, je n’ai eu d’autre choix que d’écrire ce qui me rongeait. Un ami éditeur, lui-même engagé à l’APARDAP, (une association qui parraine des demandeurs d’asile à Grenoble), m’a proposé d’en faire un petit livre illustré de photos. Pour chaque exemplaire vendu, un euro sera reversé à cette association.

    Au-delà de ce soutien concret, j’ai eu envie de rappeler que, de tous temps, les migrants ont été soupçonnés de profiter, de ne pas vouloir s’intégrer, de causer la perte de leur pays d’accueil, et autres délires relayés ad nauseam. C’est étrange que nous n’apprenions rien des leçons du passé… Petite-fille d’immigrés économiques et politiques, je sais surtout que quitter son pays est une blessure dont on ne se remet pas vraiment. Personne n’abandonne de gaité de cœur ce qui l’a fondé. Derrière ces figures qu’on nous dépeint comme inquiétantes, il y a des femmes et des hommes meurtris et contraints à l’exil. Ils sont nos semblables, nous appartenons à la même humanité.

    Ceci est un texte contre la paranoïa ambiante, celle qui, sous couvert d’une libération de la parole, promeut encore et toujours la haine de l’autre en le désignant comme responsable idéal de tous nos maux. La haine est en chacun, qui nous contraint à un effort permanent pour réprimer nos plus bas instincts au profit de la civilisation et du vivre ensemble.

    Françoise Guérin

    Psychologue et écrivain

     

    Ce texte a été écrit pour être diffusé largement et servir à la réflexion. Si cette lecture vous a touché, n’hésitez pas à commander le livre « Je n’oublie pas… » de Françoise Guérin sur le site des éditions Zonaires pour la somme de 4€ + frais de port. Vous pouvez faire des commandes groupées ou l’acheter chez votre libraire. Vous retrouverez ce texte, accompagné des très belles photos de Patrick L’Écolier. L’auteure et le photographe renoncent à leurs droits pour permettre qu’à chaque exemplaire vendu, 1€ soit reversé à l’association APARDAP qui parraine des demandeurs d’asile et les accompagne dans leurs démarches. C’est l’occasion d’offrir à vos proches un petit cadeau solidaire. Merci.


  • Commentaires

    1
    Lundi 29 Janvier à 07:24

    J'ai lu ce texte sensible et vu ces photos évocatrices avec intérêt et émotion. Révoltés par la folie de destruction des puissances d'argent, nous sommes une minorité à lutter pour un monde juste ( je ne  dis pas "plus juste" mais seulement JUSTE!) mais rien ne semble changer... Il est bon de s'encourager et ce petit livre peut réveiller les consciences assoupies.

    Pour ma part, je suis aussi un petit fils et fils d'immigrés (italiens). Mon grand père était venu à pied de son Piémont natal pour fabriquer du charbon de bois au fond des forêts du Gard. Charbon dont l'industrie n'aurait bientôt plus besoin.... Les charbonniers vivaient en famille dans des cabanes au fond des bois et ne s'aventuraient pas en ville parce qu'ils y étaient mal traités (et même tués comme à Aigues-mortes) Ma mère est née dans une de ces cabanes. Plus tard, mon grand père a continué la destruction de ses poumons en travaillant dans une carrière de pierres meulières dans la région parisienne. Souvent, en passant devant ces pavillons de banlieue, construits grâce à son travail et à sa peine, je pense à lui que je n'ai pas connu et qui est mort avant cinquante ans. Je pense aussi à ma grand-mère, à son accent à" couper au couteau", à son sourire bienveillant mais aussi à son respect excessif de l'autorité et des puissants. Je n'oublie pas qu'elle a élevé seule ses trois enfants en trimant toute sa vie et, quand je passe dans les beaux quartiers, où les riches se gobergent sous leurs hauts plafonds, je songe à la souffrance de tous ceux, pauvres parmi les pauvres, qui ont permis leur richesse et qui n'ont récoltés que leur mépris.

    Pour ne pas céder à la haine, il ne reste qu'à agir, chacun à notre manière, pour changer un tant soi peu les choses... Merci donc pour ce petit livre qui contient beaucoup.

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :